dimanche 4 juin 2017

La noblesse des Sépharades de l'espace ottoman



Houston Stewart Chamberlain, La Genèse du XIXe siècle, Paris, Librairie Payot & Cie, 1913, p. 370-374 :

"Considérons, par exemple, en opposition à la race anglo-saxonne qui est nouvelle et que nous voyons se fixer, les SEFARDIM ou, comme on dit couramment, les « Juifs espagnols » : nous apprendrons par eux comment une race fixée peut, en persévérant dans sa pureté, se maintenir noble durant des centaines et des milliers d'années, mais aussi combien il est nécessaire de distinguer dans un peuple entre les produits de culture noble et les autres. En Angleterre, en Hollande et en Italie, il existe encore d'authentiques Sefardim, mais en petit nombre, car ils ne peuvent presque plus éviter le mélange avec les Askenazim, ou « Juifs allemands » : ainsi les Montefiore de la génération actuelle ont tous épousé des représentantes de ce dernier groupe. C'est dans l'Europe orientale, où les Sefardim non adultérés fuient le contact des autres Juifs et marquent une horreur presque comique pour les Askenazim, qu'il faut les étudier : quiconque a eu l'occasion de le faire me comprendra, si j'affirme qu'au spectacle de ces hommes m'est devenue pour la première fois intelligible la signification du judaïsme dans l'histoire du monde. Voilà de la noblesse au plein sens du mot, voilà l'authentique noblesse de race ! Belles statures, nobles têtes, dignité parfaite dans le discours et dans le maintien. Le type est « sémitique » — dans l'acception que nous donnons à ce terme en l'appliquant à certains Arabes ou Syriens de la catégorie la plus élevée. Un coup d'œil, et j'avais compris que du milieu de telles gens eussent pu surgir des prophètes et des psalmistes, chose qui, je l'avoue, ne m'avait jamais réussi à l'examen, pourtant attentif, de centaines de « Bochers » qu'on rencontre à Berlin le long de la Friedrichstrasse. (...) Et j'ajouterai : si quelqu'un désire connaître, par le témoignage de ses yeux, ce qu'est une race noble et ce qui n'en est pas une, qu'il fasse venir de Salonique ou de Sarajevo le plus pauvre des Sefardim (ces gens possèdent rarement de grandes richesses, car ils sont d'une honnêteté scrupuleuse) et qu'il le confronte avec un baron Rotschild ou un baron Hirsch de son choix : il apercevra aussitôt la différence entre la noblesse que confère la race et celle qu'octroie un monarque 2). (...)

2) Les Goths, qui plus tard passèrent en masse à l'islamisme dont ils furent les plus nobles et les plus fanatiques champions, avaient auparavant adopté en grand nombre le judaïsme ; un spécialiste en la matière, professeur à l'université de Vienne, m'assure que la supériorité morale et intellectuelle, autant que physique, des Juifs dits « espagnols » et « portugais », s'expliquerait par ce riche appoint de sang germanique plus encore que par cette discipline raciale dont j'ai parlé et dont il ne méconnaît point au reste la considérable importance. Je suis incompétent pour décider si cette opinion est justifiée."