mercredi 12 avril 2017

Racisme, aryanisme et antisémitisme chez les Kurdes du PKK

"Kurden : Wende ins Völkische", Der Spiegel, 21 avril 1997 :

"Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), illégal, sous le leadership de son secrétaire général, Abdullah Öcalan, qui vit en exil en Syrie, s'éloigne de son positionnement d'extrême gauche et a une orientation nationale-socialiste. Les officiels du PKK adoptent un ton raciste en interne. Ils décrivent les Turcs comme une "sous-race de bâtards mongolo-arabes" et ils définissent les Kurdes comme un "peuple de race indo-germanique". Öcalan a retiré le marteau et la faucille comme emblème du parti et les a remplacés par une torche. Dans ses instructions à ses combattants, Öcalan définit le PKK comme un "mouvement national" et non comme un parti communiste. Dans une conversation avec Günter Wallraff, le leader du PKK a même exprimé sa gratitude à l'égard des racistes en Allemagne. Malheureusement, l'arriération de nombreux Kurdes qui ont immigré clandestinement en Allemagne est "un peu sale", et donc "le racisme est justifié". Öcalan : "Je pense également que la droite a raison. Je ne pense pas comme un social-démocrate sur ce point." Wallraff cite des amis kurdes qui disent : "Mieux vaut qu'il n'y ait pas de Kurdistan indépendant si c'est pour avoir la suprématie du PKK.""

Arnaud Leparmentier et Georges Marion, "Les pays européens redoutent une vague de violence kurde", Le Monde, 19 février 1999 :

"Mercredi 17 février : les services de sécurité du consulat d'Israël à Berlin ont ouvert le feu sur des manifestants kurdes qui avaient pénétré dans le bâtiment. Bilan : 3 morts. Selon le préfet de police berlinois, Hagen Saberschinsky, seuls trois policiers allemands étaient, comme d'habitude, alors stationnés devant le consulat. Ces policiers de faction sont aidés par deux patrouilles dans les environs. Lorsque, à 13 h 30, la police a été informée de l'intention des manifestants kurdes d'envahir le consulat, ils n'ont dépêché sur place qu'une trentaine d'hommes. Ceux-ci ont été accueillis par 50 à 100 Kurdes armés de barres de fer et de gourdins, qui ont frappé les policiers censés les empêcher de s'approcher du bâtiment, avec « une très grande violence », selon M. Saberschinsky. Vingt-sept policiers ont été blessés.

Au même moment, un groupe de Kurdes fait irruption dans le consulat israélien. Il semble qu'un des manifestants ait subtilisé l'arme d'un officier de sécurité israélien et menacé deux autres gardes. Ceux-ci auraient riposté, tuant 3 personnes et en blessant au moins 16 autres, dont une très grièvement, vers 13 h 45. Neuf assaillants ont alors pris une employée en otage. Ils ont négocié très rapidement avec les policiers allemands pour sortir de la représentation israélienne.

Dans l'après-midi, à Tel-Aviv, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a expliqué pourquoi les gardes du consulat avaient tiré : « Les manifestants ont tenté de prendre une de nos employées en otage (...) et les consignes que reçoivent nos agents de sécurité sont d'empêcher par la force, y compris en faisant usage de leurs armes, toute tentative de prendre des otages ». Il a répété qu'Israël continuerait à défendre ses citoyens et ses locaux partout dans le monde et que son pays n'avait rien à voir avec l'enlèvement d'Abdullah Öcalan (même s'il collaborait avec la Turquie dans la lutte contre le terrorisme). Plus tard dans la journée, le porte-parole des affaires étrangères, devait préciser que l'entremise de la police allemande avait permis la libération de l'otage.

Il semble toutefois que les services israéliens ait complètement sous-estimé les risques d'attentats contre leurs ambassades et consulats en Europe. Ces questions seront au coeur de l'enquête officielle qui va être menée sur ces événements. Désormais, la peur des autorités est qu'Israël soit entraîné dans un conflit qui, insiste-t-on, n'est pas le sien. Jérusalem craint notamment que l'affaire kurde nourrisse une solidarité avec des groupes palestiniens radicaux qui pourrait accroître les menaces terroristes."

Bese Hozat (co-présidente du KCK, branche du PKK), déclaration à Fırat Haber Ajansı, 8 janvier 2014 :

"Il y a des Etats parallèles en Turquie, qui se sont formés en dehors de l'Etat officiel. Par exemple, la confrérie de F. Gülen est un Etat parallèle. Le lobby israélien, et les lobbies nationalistes arménien et grec, sont des Etats parallèles. Les Etats parallèles ont de solides relations d'intérêts les uns avec les autres. Les Etats parallèles n'ont pas de lois formelles ou de constitutions. Ils n'ont pas d'armées officiellement, mais ils ont un pouvoir plus puissant et plus organisé que ce qui est dit officiellement. (...) L'Etat parallèle est un Etat du Gladio, c'est une organisation d'Etat illégale, composée de la confrérie et des lobbies, et soutenue par l'OTAN. L'objectif principal est d'empêcher la démocratisation de la Turquie."

"Öcalan : There is a high intensity war", Firat News Agency, 24 septembre 2014 :

"[Abdullah] Öcalan a déclaré que les attaques de l'EIIL [Daech] sont liées à Israël, ajoutant : "Le but est de créer un Israël sur ce territoire. Cf. les noms des lieux dans cette région. Par exemple, Suruç vient du nom hébreu Saruch, qui était un ancêtre d'Abraham et de Moïse, Harran vient du nom du frère de Moïse, Haroon. Tous ces noms sont dans la Torah. Il y a le GAP [Projet d'Anatolie du Sud-Est]. Lorsque le projet GAP a été lancé en 1978, j'étais à Urfa. Le projet a été conçu pour saisir la terre et l'eau du peuple. Personne ne peut s'opposer à la politique d'Israël. Ecevit le voulait, mais ils l'ont arrêté. L'EIIL est un projet israélien. L'AKP ne peut pas résister à cela. Ils l'ont menacé et le gouvernement a failli être renversé.""