mercredi 15 mars 2017

Opération Barbarossa : l'extermination partielle des prisonniers de guerre turco-mongols par les nazis

Directive de l'OKW : "Bestimmungen über das Kriegsgefangenenwesen im Fall Barbarossa", 16 juin 1941 :

"Le bolchevisme est l'ennemi mortel du peuple allemand national-socialiste. La lutte exige une action énergique, sans ménagement contre les agitateurs bolcheviques, les partisans, les saboteurs, les Juifs, et l'élimination sans merci de toute résistance active ou passive (...). Les soldats asiatiques de l'Armée rouge sont opaques, imprévisibles, sournois et sans sentiments."

Reinhard Heydrich, ordre opérationnel n° 8, 17 juillet 1941, document n° 3414 de l'instruction du procès de Nuremberg : 


"B. Personnel militaire

En raison d'un emploi possible dans le territoire du Reich, les Asiatiques doivent être séparés des soldats d'apparence européenne. Dans de nombreux cas, les officiers devront être séparés en tant que "suspects". D'autre part, les officiers, afin de les empêcher d'influencer le personnel enrôlé, doivent être séparés de celui-ci à un stade précoce.

Un ordre spécial sera émis concernant l'affectation définitive du personnel militaire. Déjà ici, il faut souligner qu'aucun Asiatique et qu'aucune personne parlant l'allemand ne doivent être envisagés pour un emploi en Allemagne."

Robert Jackson (procureur en chef américain), réquisitoire au procès de Nuremberg, 21 novembre 1945, audience de l'après-midi :


"Cette campagne nazie en vue d'un traitement impitoyable des forces ennemies atteignit son apogée au cours de la lutte contre la Russie. Tous les prisonniers de guerre furent soustraits dans certaines conditions au contrôle de l'Armée et remis entre les mains de Himmler et des SS (document PS-058). Dans l'Est, la furie allemande se donna libre cours. On ordonna de marquer au fer rouge les prisonniers de guerre russes, on les affama. Je vais citer des passages d'une lettre écrite le 28 février 1942 par l'accusé Rosenberg à l'accusé Keitel :

« Le sort des prisonniers de guerre soviétiques en Allemagne est au contraire une tragédie de la plus grande envergure. Sur 3.600.000 prisonniers de guerre, quelques centaines de mille seulement sont encore capables de donner leur plein rendement. Une grande partie d'entre eux est affamée ou a péri par suite des intempéries ; des milliers sont morts aussi du typhus exanthématique...

« Les commandants des camps ont interdit à la population civile de mettre de la nourriture à la disposition des prisonniers et ils ont préféré les laisser mourir de faim...

« Dans bien des cas, quand les prisonniers de guerre ne pouvaient plus marcher, en raison de la faim et de leur épuisement, ils ont été fusillés sous les yeux de la population civile horrifiée, et les cadavres abandonnés... 

« Dans de nombreux camps, on n'a fourni aucun abri aux prisonniers de guerre. Ils restaient dehors, qu'il pleuve ou qu'il neige. On ne leur a même pas fourni d'outils pour creuser des trous ou des caves...

« Enfin, il faut mentionner l'exécution de prisonniers de guerre : dans divers camps, par exemple, tous les « Asiatiques » ont été fusillés. » (Document PS-081.)"