jeudi 23 mars 2017

Le REL de Dominique Venner et la FGDS de François Mitterrand

Robert Butheau, "En créant les C.O.D.E.R., on a répondu à un besoin par du folklore déclare M. Mitterrand à Lyon", Le Monde, 20 décembre 1966 :

"Poursuivant son tour de France qui le conduit chaque dimanche dans une région différente, M. François Mitterrand présidait dimanche à Lyon les assises régionales Rhône-Alpes de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste. S'il n'évoqua pas directement, dans sa conclusion, les négociations en cours entre la Fédération de la gauche et le parti communiste, on notera cependant cette phrase : "Nous sommes engagés dans une étude très approfondie pour que la gauche balaie devant sa porte et trouve les thèmes essentiels à une lutte en commun."

Le fait que M. Mitterrand ne s'étendit pas davantage sur ce sujet montre bien qu'il ne voulait pas, par des déclarations trop précises, altérer le cours des négociations. Pourtant la situation particulière de Lyon, où les rapports entre Fédération et parti communiste sont pour l'instant inexistants, alors que des ententes sont recherchées avec le Centre démocrate par M. Gagnaire, maire socialiste de Villeurbanne, et même parfois avec le Rassemblement européen de la liberté, qu'anime M. Dominique Venner, a pu lui faire préférer une certaine expectative."

Joseph Algazy, L'extrême droite en France de 1965 à 1984, Paris, L'Harmattan, 1989, p. 38 :

"Au mois de juillet 1967 Europe-Action reparut (pas pour longtemps), cette fois dans un format ronéoté. La nouvelle direction du REL misait sur l'infiltration dans les organismes de l'opposition pour préparer l'après-gaullisme. L'application de cette tactique fut poussée si loin que le 7 janvier 1968 la direction du REL a refusé de suivre ses chefs et a expulsé de son sein le Maurice Rollet, Dominique Venner et Louis Daney. Cette information est rapportée par Jacques Delarue qui ajoute : « La direction du REL reprocha à ces trois hommes d'avoir engagé des pourparlers par l'intermédiaire d'un journaliste, avec la Fédération de la gauche démocrate et socialiste de M. Mitterrand, en vue d'y faire adhérer les membres du REL. (...) » "