samedi 18 mars 2017

Le point de vue des Juifs sur le sultan Abdülhamit II



Henri Nahum, Les Juifs de Smyrne à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, DEA, Université de Paris IV-Sorbonne, 1990, p. 145 :

"Depuis le XVème siècle, l'attachement des Juifs à l'Empire Ottoman qui les a accueillis, l'affirmation par le pouvoir ottoman qu'ils font partie intégrante de la collectivité et qu'ils contribuent au fonctionnement et à l'expansion de l'Etat, sont une constante. On en trouve la proclamation fréquente dans les documents émanant de Smyrne à la fin du XIXème siècle et au début de XXème siècle.

On en trouve la proclamation fréquente dans les documents émanant de Smyrne à la fin du XlXème siècle et au début de XXème siècle.

A de nombreuses reprises à la fin du régime hamidien, les autorités de Smyrne interviennent en faveur de la communauté juive, en particulier lors des accusations de meurtre rituel en 1890, 1896, 1901.

Les Juifs de Smyrne voient d'un oeil très favorable le gouvernement ottoman.

"Un gouvernement éclairé et libéral auquel nos Israélites doivent beaucoup" écrit un instituteur de Smyrne dans un rapport en 1893.

Abdul-Hamid, auquel les Grecs et surtout les Arméniens ont beaucoup à reprocher, est vu avec indulgence par les Juifs. Nous avons souhaité savoir, auprès de nos correspondants, quel souvenir la mémoire familiale leur a légué d'Abdul-Hamid. Si certains parlent de Sultan Rouge et de despote, d'autres disent : "Il protégait les Juifs". "Non seulement il n'était pas antisémite, mais il avait des Juifs dans son entourage administratif (police, impôts)". "C'était un Sultan tyrannique, mais pas antisémite"."

Henri Nahum, Juifs de Smyrne, XIXe-XXe siècle, Paris, Aubier, 1997, p. 62-63 :

"Mais, dans l'ensemble, le jugement que les Juifs de Smyrne portent sur 'Abdül-Hamîd est très favorable à celui que les Européens appellent le Sultan Rouge. On ne peut guère tenir compte, bien entendu, des éloges qu'adressent au sultan, avant 1908, les journaux soumis à la censure. Il n'y est question que de la protection et de la bienveillance du sultan envers les Juifs et de la gratitude et de l'admiration de ces derniers envers Sa Majesté impériale. Mais les rapports des instituteurs de l'Alliance, les écrits des dirigeants parisiens de l'institution ne cessent, eux aussi, de louer « un gouvernement éclairé et libéral auquel nos israélites doivent beaucoup ». « Vive le Sultan, vive le Sultan ! C'est un cri qui part du cœur. S. M. le sultan Hamîd II est très populaire dans notre pays, et les faveurs qu'il n'a cessé de verser sur nos coreligionnaires malheureux dans les catastrophes des dernières années sont la preuve la plus manifeste de ses sentiments les plus libéraux et tolérants. » « Sire, écrivent les dirigeants de l'Alliance au Sultan à l'occasion du quatrième centenaire de l'accueil dans l'Empire des Juifs espagnols, les Israélites ont eu, dans Votre Majesté, un protecteur dont la bienveillance s'est manifestée dans tous ses actes. Ils s'efforcent de s'en montrer dignes. Dans leurs écoles, les enfants sont élevés dans l'amour de leur pays et la fidélité à Son Souverain. » De même, la mémoire familiale a légué à nos correspondants le souvenir d'un 'Abdül-Hamîd qui protégeait les Juifs et s'entourait de fonctionnaires juifs."