lundi 25 avril 2016

La Turquie et Israël : les deux démocraties du Moyen-Orient



Bernard Lewis, Faith and Power : Religion and Politics in the Middle East, Oxford-New York, Oxford University Press, 2010, p. 128 :

"Seuls deux pays de la région peuvent être décrits comme des démocraties au vrai sens du terme : la Turquie et Israël."

Les élites israéliennes et la question des relations avec la Turquie

Benyamin Netanyahou :

"La Turquie a souffert des attaques terroristes du PKK et nous ne voyons aucune différence entre le PKK et ce dont Israël souffre." (interview à la télévision turque, cité dans Haaretz du 27 mai 1997)

"J’ai dit à Erdogan que nous apprécions les efforts importants de la Turquie [dans la lutte contre l'incendie au nord d'Israël] et je suis sûr que ce sera une passerelle vers l’amélioration des relations entre les deux pays."

"Je tiens à remercier toutes les nations qui se sont portées volontaires pour envoyer des avions. Il y a eu quelques offres que nous n’attendions pas, comme la proposition de la Turquie. Il est très agréable que le Premier ministre Erdogan ait offert son aide sans qu’elle ne soit demandée. Surtout si l’on tient compte de la crise dans les relations entre Israël et la Turquie." (conférence de presse à Haïfa, 4 décembre 2010)

"Félicitations, nous sommes heureux de travailler avec le nouveau gouvernement turc sur tous les sujets concernant nos deux pays. Avec l’espoir de voir revivre l’esprit d’amitié, qui se perpétue depuis des générations et de refonder notre coopération." (lettre à Erdogan suite à sa victoire électorale, 21 juin 2011)

Ariel Sharon :

"Nous subissons les attaques du terrorisme arabo-palestinien depuis plus de cent ans. Le terrorisme qui nous frappe et celui qui a frappé les Etats-Unis, la Russie, l'Espagne, la Turquie, l'Indonésie, sont exactement les mêmes. Il n'y a pas de compromis possible avec ces assassins. C'est le plus grand danger qui menace aujourd'hui le monde." (entretien à Politique Internationale, n° 105, automne 2004)

"Je n'ai jamais demandé à personne d'établir des relations avec Israël ou de reconnaître l'Etat d'Israël. Ceux qui le font y trouvent leur compte. Le premier ministre turc m'a téléphoné un soir pour me dire que Musharraf le priait d'arranger une rencontre à Istanbul entre les ministres des Affaires étrangères israélien et pakistanais." (entretien à Politique Internationale, n°109, automne 2005)

Benjamin Ben-Eliezer :

"Nous [les Israéliens et les Turcs] partageons des valeurs démocratiques communes."

"Je n'ai aucun doute que nous devons maintenir notre amitié dans le droit chemin." (déclarations lors d'une visite en Turquie, 24 novembre 2009)

Ehoud Barak :

"La Turquie est un pays très important dans la région (...) et le dialogue et la coopération avec elle sont très importants. Nous vivons dans la même région et partageons les mêmes intérêts." (déclaration lors d'une visite en Turquie, 17 janvier 2010)

"La Turquie n'est pas notre ennemie." (interview à la radio Kol Israel, 8 septembre 2011)

Shaul Mofaz :

"Nous avons avec Ankara des intérêts mutuels et il est important de les sauvegarder." (entretien au Figaro, 12 avril 2010)

Shimon Pérès :

"Nous n’avons pas changé d’attitude vis-à-vis de la Turquie. C’est un pays ami." (conférence de presse à New York, 20 septembre 2010)

Ehoud Olmert :

"La Turquie n'est pas l'ennemie d'Israël."

"Les relations entre Israël et la Turquie relèvent de l'intérêt national et ne doivent pas être prises à la légère." (déclaration, 4 septembre 2011)

Les élites turques et la question des relations avec Israël



Süleyman Demirel (président de la République), déclaration lors d'une visite dans la ville israélienne de Bat-Yam, 13 mars 1998 :

"Ce n'est pas juste une visite protocolaire. Je suis venu ici pour souligner l'attachement de la Turquie à la paix et, lors de la conférence sur le terrorisme en Egypte, je demanderai des sanctions très lourdes, y compris l'embargo, contre les pays qui soutiennent le terrorisme."

İlnur Çevik (éditorialiste), Turkish Daily News, 8 août 2001 :

"Sharon est le choix du peuple israélien qui est notre ami et notre allié."

Yusuf Kanli (éditorialiste), Hürriyet, 31 août 2010 :

"Personne ne peut remettre en question les préoccupations de sécurité légitimes d'Israël. L'Etat juif est une réalité dans la région. C'est son droit légitime de s'attendre et au besoin d'exiger qu'on respecte sa souveraineté et son intégrité territoriale. Et comme pour tous les autres Etats, c'est son devoir de prendre des "mesures adéquates" pour protéger la sécurité de ses citoyens. Le droit d'Israël de réagir à toute agression, et de défendre son peuple, son territoire et son Etat, ne sont pas négociables."

Ömer Çelik, déclaration en tant que porte-parole de l'AKP, 20 décembre 2015 :

"L'Etat et le peuple d'Israël sont certainement des amis de la Turquie. Notre différend ne porte que sur les actions extrêmes du gouvernement israélien, des actions que nous ne considérons pas comme légitimes. Dans ce contexte, l'attaque du Mavi Marmara a marqué un tournant."

Recep Tayyip Erdoğan, déclaration aux journalistes, 2 janvier 2016 :

"Israël a besoin d'un pays comme la Turquie dans la région. Nous devons également accepter [le fait] que nous avons besoin d'Israël. C'est une réalité dans la région. Si des mesures mutuelles sont appliquées sincèrement, alors la normalisation [des relations] suivra."