mardi 8 mars 2016

Le rôle des Juifs dans l'essor économique de l'Empire ottoman



André Clot, Soliman le Magnifique, Paris, Fayard, 1983, p. 286 :


"Tous les sujets du sultan, aussi bien Turcs que minoritaires, sont égaux dans l'exercice de leur profession. Du fait des préférences des non-Turcs ou de la répugnance des Musulmans envers certaines professions, les uns ou les autres sont plus représentés dans tel ou tel métier, mais aucun n'est interdit aux minoritaires. Les Juifs sont surtout marchands de vin, de raki, d'esclaves, de parfums, d'orfèvrerie, de perles. On les trouve aussi dans la finance : changeurs, banquiers, intermédiaires en tous genres. Avec les Grecs, ils afferment les revenus fiscaux. Aux XVe et XVIe siècles, les sultans encouragent l'immigration des Juifs qu'ils considèrent comme un élément actif et riche. A la fin du XVIe siècle, on évalue leur nombre à Constantinople et à Salonique à 160 000. Comme dans presque toute l'Europe à cette époque, ils participent dans des proportions considérables à l'essor économique, non seulement dans la capitale et les régions voisines mais dans tout l'empire, à Alep, au Caire, à Alexandrie, à Tripoli de Syrie, à Rhodes, en Afrique du Nord. Certains parviendront à de très hautes positions tel ce Joseph Nasi, un marrane portugais que Selim II créera duc de Naxos."