mercredi 8 avril 2015

Le Grand Mufti de Jérusalem, les Kurdes et les Arméniens

"Le grand moufti contre la paix : Les buts et les hommes du terrorisme arabe en Palestine", La Tribune juive, 20e année, n° 20, 20 mai 1938, p. 302 :

"M. Georges Meyer, le brillant correspondant égyptien du Temps envoie à son journal un excellent exposé sur le problème palestinien dans lequel nous trouvons une solide documentation concernant la propagande antijuive et antibritannique du grand moufti de Jérusalem et de ses compagnons et auxiliaires. Une partie des communications faites au journal parisien intéressent aussi la France.

Depuis le dix-neuf avril 1936, date du début des troubles politiques en Palestine, écrit M. Georges Meyer, l'insécurité, les attaques contre les personnes et les propriétés, les attentats et les meurtres n'ont cessé de se multiplier et les forces britanniques envoyées en Terre sainte pour réprimer cette insurrection sont demeurées jusqu'à présent impuissantes à ramener la paix et à rétablir l'autorité de la puissance mandataire.

Des officiers, des soldats et des fonctionnaires anglais, des colons et des citadins juifs, des Arabes chrétiens et musulmans accusés d'indifférence à l'égard des dirigeants du terrorisme organisé par le grand moufti de Jérusalem et par ses complices ont été les victimes d'un vaste complot dont les chefs, réfugiés à l'étranger où ils bénéficient d'une incompréhensible impunité sont à l'heure qu'il est parfaitement identifiés.

Au cours de l'année 1937, le total des personnes assassinées s'élevait à cent quatre-vingt-quatorze ; depuis le début de l'année, cette liste s'est sensiblement allongée.

Les chefs de l'insurrection.

Les chefs de l'insurrection sont des Palestiniens ou des Syriens ou des Kurdes qui, en majeure partie, ont déjà participé au soulèvement druse de 1925 dirigé contre la France.

Ils constituent une sorte de comité d'exécution et de liaison chargé de transmettre aux divers organismes de propagande politique les directives du grand moufti de Jérusalem, Amin el Husseini, réfugié à El-Zouk, près de Beyrouth. Ce comité est composé de vingt membres, tous nominativement connus des autorités françaises, qui résident en Syrie ; ces membres se réunissent fréquemment à Damas dans une maison du quartier Salhiyeh et, de ce quartier général, ils contrôlent l'activité des bandes terroristes qui agissent, en Palestine, ils organisent le recrutement, et l'envoi des renforts et assurent le ravitaillement, en armes et en argent. (...)

Qui sont les terroristes ?

Le recrutement des bandes arabes a été fort aisé grâce à l'attrait qu'offrent une solde élevée et la possibilité de satisfaire un instinct atavique de pillage. La plupart des recrues ont été composées de villageois, particulièrement, de la région du Haurane. Récemment, les agents du grand moufti réussissaient à recruter à Damas un nombre important de Marocains auxquels se joignaient des Druses, des Circassiens et des Arméniens.

Dans chaque ville et chaque village, Amin el Husseini dispose d'agents qui reçoivent ses instructions.

Tous sont largement payés.

Les dirigeants de la sédition possèdent des fonds importants d'origines diverses ; ces fonds se sont accrus d'envois considérables d'Irak, des Indes et d'Allemagne où réside un ancien membre du comité suprême arabe, Abdul Latif Salah."

"Jérusalem et le congrès islamique", La Tribune juive, 13e année, n° 50, 11 décembre 1931, p. 768 :

"Nous avons déjà annoncé la nouvelle de la réunion du congrès islamique convoqué à Jérusalem sur l'initiative du grand moufti Amin Husseini et du maulana hindou Chavkat Ali. Bien que l'Egypte et la Turquie n'y participent pas, on s'est inquiété des conséquences inévitables d'une telle manifestation et on s'est étonné que dans les circonstances actuelles, le chef spirituel de la communauté musulmane de Jérusalem ait pu, sans en avoir reçu mandat des pays les plus directement intéressés, donner pour but à ce congrès un double objet aussi important que le rétablissement éventuel du califat et la création en Terre sainte d'une université islamique destinée à supplanter dans l'esprit de ses promoteurs le prestige d'El Azhar, la vénérable université musulmane du Caire qu'une réputation millénaire a depuis longtemps placée à la tète du mouvement religieux de l'islam.

A ce sujet, un correspondant particulier du Temps adresse du Caire à sa feuille une remarquable lettre d'Egypte exposant que le grand moufti de Jérusalem tint à se rencontrer avec les chefs politiques et spirituels égyptiens et à les assurer de la nécessité impérieuse, à ses yeux, de barrer la route au sionisme en opposant à l'effort intellectuel juif réalisé par la création de l'université hébraïque de Jérusalem un effort musulman analogue par la fondation, dans la capitale palestinienne, d'une université islamique."