jeudi 6 novembre 2014

1942 : l'avis du jeune François Mitterrand sur Pierre Laval et le SOL (ancêtre de la Milice)

François Mitterrand, lettre à sa cousine Marie-Claude Sarrazin, 22 avril 1942, cité par Pierre Péan dans Une jeunesse française. François Mitterrand. 1934-1947, Paris, Fayard, 1994, p. 187 :

"Comment arriverons-nous à mettre la France sur pied ? Pour moi, je ne crois qu'à ceci : la réunion d'hommes unis par la même foi. C'est l'erreur de la Légion que d'avoir reçu des masses dont le seul lien était de hasard : le fait d'avoir combattu ne crée pas une solidarité. Je comprends davantage les SOL, soigneusement choisis et qu'un serment fondé sur les mêmes convictions lie. Il faudrait qu'en France on puisse organiser des milices qui nous permettraient d'attendre la fin de la lutte germano-russe sans crainte de ses conséquences (que l'Allemagne ou la Russie l'emporte, si nous sommes forts de volonté, on nous ménagera). C'est pourquoi je ne participe pas de cette inquiétude née du changement de gouvernement. Laval est sûrement décidé à nous tirer d'affaire. Sa méthode nous paraît mauvaise ? Savons-nous vraiment ce qu'elle est ? Si elle nous permet de durer, elle sera bonne..."