mercredi 30 avril 2014

Le gouvernement Mauroy face aux grévistes de Renault-Flins (1983)

Gaston Defferre (ministre de l'Intérieur), déclaration sur Europe 1, 26 janvier 1983 :

"Il s'agit d'intégristes, de chiites [les grévistes de Renault-Flins]."

Pierre Mauroy, interview à Nord-Eclair, 27 janvier 1983 :

"Les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés dont je ne méconnais pas les problèmes, mais qui, il faut bien le constater, sont agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises."

Jean Auroux (ministre délégué auprès du ministre des Affaires sociales), déclaration à Libération, 11 février 1983 :

"Il y a à l'évidence une donnée religieuse et intégriste dans les conflits [sociaux] que nous avons rencontrés, ce qui leur donne une tournure qui n'est pas exclusivement syndicale. Cela étant dit, nous sommes dans un Etat laïc et nous entendons bien que les choses restent ainsi... Je m'opposerai à l'institutionnalisation d'une religion quelle qu'elle soit à l'intérieur du lieu de travail. Je suis contre la religion dans l'entreprise comme je suis contre la politique dans l'entreprise. Lorsque des ouvriers prêtent serment sur le Coran, il y a des données qui sont extrasyndicales."