dimanche 5 janvier 2014

Le jeune François Hollande : un compagnon de route du Parti communiste en pleine époque brejnevienne

René Chiche, "Un provincial à Neuilly", Le Magazine (Lafont Presse), n° 5, avril-mai-juin 2012 :

"Tout en faisant son entrée dans la cour prestigieuse de Sciences Po, où il croisera la fille de Valéry Giscard d'Estaing, la princesse Caroline de Monaco ou son compère du lycée Pasteur, l'acteur Christian Clavier, l'ex-numéro un du Parti Socialiste approfondit ses connaissances en sciences de la politique au contact d'Huguette Debaisieux, une journaliste politique qui se trouve être la mère de Lorène Debaisieux, élève au lycée Saint-James à Neuilly-sur-Seine et amie de François Hollande. Proche de Charles Hernu, l'un des fidèles lieutenants de François Mitterrand qui le nommera ministre de la Défense après sa victoire du 10 mai 1981, Huguette Debaisieux dévoile de nombreux codes et secrets sur les arcanes politiciennes à l'étudiant Hollande qui boit ses paroles et écoute ses conseils avec délectation et concentration. Son choix est fait : il veut s'engager en politique. Mais pour parvenir à ses fins, l'ancien compagnon de Ségolène Royal doit s'appuyer sur un réseau, un club ou une association. Grâce à Christian Clavier, qui ne restera que quelques mois sur les bancs de Sciences Po avant d'aller rejoindre sa bande du Splendid, François Hollande rencontre, au cours de l'automne 1971, Jean-Maurice Ripert, lui aussi ancien élève du lycée Pasteur et étudiant à Sciences Po. Celui qui deviendra un diplomate de haut rang (et conseiller diplomatique de Lionel Jospin quand celui-ci dirigea le gouvernement de cohabitation entre 1997 et 2002) dirige le cercle UEC (Union des Etudiants Communistes) de l'institution de la rue Saint-Guillaume. « Jean-Maurice Ripert est séduit par ce type plein d'enthousiasme et de détermination. Une longue amitié naît ce jour-là. François devient un militant exemplaire de l'UNEF Renouveau, proche du Parti Communiste, toujours prêt à débattre, toujours prêt à perdre cinq minutes pour convaincre un sceptique. Il traîne à la cafétéria pour faire adhérer les récalcitrants. Quand les élections syndicales s'annoncent, il faut désigner une tête de liste, un étudiant pas trop marqué politiquement et qui peut séduire au-delà de son camp. François est tout indiqué. Il n'est pas communiste. Il est « l'idiot utile » ou le compagnon de route. », souligne Serge Raffy." (p. 26)

Martin Leprince, Le roman de la promotion Voltaire, Editions Jacob-Duvernet, 2013 :

"Au lycée Pasteur de Neuilly, où il entre à 15 ans, François se présente déjà comme un sympathisant de l'Union de la gauche, mais ses centres d'intérêts tournent plus volontiers autour des sorties entre copains, du football ou du cinéma. Il franchit le pas de l'engagement au printemps 1971, après avoir intégré Sciences Po Paris. Une période durant laquelle il rencontre un futur camarade de la promotion Voltaire, Jean-Maurice Ripert, présenté par un copain de lycée, le futur comédien Christian Clavier. Ripert, lui, est déjà de plain-pied dans le militantisme. Fils d'un diplomate et d'une sociologue, et lui aussi ancien élève du Lycée Pasteur, Jean-Maurice se revendique comme « gauchiste » lors de son adhésion au PSU, à 15 ans, juste après les manifestations de Mai 68, auxquelles il n'a participé que de loin. Au moment de sa rencontre avec François, Jean-Maurice s'est désormais rapproché de l'Union des étudiants communistes (UEC) de Sciences Po. Les deux garçons deviennent rapidement amis, intègrent le syndicat de l'Unef-Renouveau, au sein duquel ils se révéleront très actifs." (p. 13)

"A la rentrée 1978, les statuts sont déposés et le Caréna devient officiellement un syndicat. En plus de François Hollande et Jean-Maurice Ripert, la section compte en son sein Michel Sapin, Bernard Cottin, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marc Janaillac, Pierre Duquesne, Jean-François Blarel, Pierre-René Lemas, Dominique Villemot et Christian Tardivon, qui en est également le trésorier. Ils sont très vite rejoints par Michel Gagneux, Marie-Josée Palasz, Colette Horel et Sylvie François, qui connaît Hollande depuis Sciences Po. Par la suite, quelques autres élèves adhéreront à leur tour, comme François Morlat. Si François Hollande s'impose dès l'origine comme l'animateur central du Caréna, et en quelque sorte son leader, le véritable penseur de l'organisation reste Jean-Maurice Ripert. Pour la composition de la liste du premier scrutin, les trois premiers candidats doivent symboliquement représenter les principales tendances politiques de la gauche : 1- François Hollande (ancien proche du PCF par son adhésion à l'UNEF-Renouveau), (...)." (p. 78)