jeudi 1 août 2013

L'hommage de François Hollande au séide communiste Henri Alleg

François Hollande, communiqué, 18 juillet 2013 :

"J’apprends la disparition de Henri ALLEG.

Son livre, La Question, publié en 1958 aux éditions de Minuit, alerta notre pays sur la réalité de la torture en Algérie. Toute sa vie, Henri ALLEG lutta pour que la vérité soit dite.

A travers l’ensemble de son œuvre –jusqu’à son dernier livre, Mémoire algérienne, paru en 2005- il s’affirma comme un anticolonialiste ardent.

Il fut un grand journaliste, d’abord à Alger Républicain, dont il assura la direction ; puis à L’Humanité, dont il fut le secrétaire général et auquel il collabora jusqu’en 1980.

Henri ALLEG est constamment resté fidèle à ses principes et à ses convictions.

A sa famille et à ses proches, j’adresse mes plus sincères condoléances."

Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle, Paris, Fernand Nathan, 1981, p. 149 :

"A. n'était pas parti pour l'Amérique. Il était resté en Algérie, menant une vie d'expériences et d'aventures, puis, poussé par le besoin d'agir, alla vers les communistes qui lui semblaient incarner la volonté d'action la plus radicale. A la fin de la guerre [mondiale], il resta en Algérie, accéda à des fonctions importantes dans le PCA où il devint permanent et responsable du grand journal. Pendant la guerre d'Algérie, il fut arrêté, torturé. De sa prison, il fit parvenir un livre inoubliable relatant son supplice et sa résistance à la torture. Après sa libération, il se rendit à Berlin-Est qu'il salua comme terre de la liberté. Il fut dernièrement en Afghanistan comme employé de l'Humanité et salua la libératrice intervention de l'armée russe, stigmatisant les bandits qui résistaient à tant de bienfaits. Il ne s'intéressa nullement aux problèmes de la torture dans l'URSS stalinienne, à Cuba, ni, bien sûr, en Afghanistan."