lundi 26 août 2013

Le PS français et le Smer-SD slovaque

"La gauche slovaque s'allie à l'extrême droite", Lemonde.fr, 29 juin 2006 :

"La vague populiste n'en finit pas de déferler sur l'Europe centrale. Après la Pologne et la Bulgarie, c'est au tour de la Slovaquie de succomber. Le parti de gauche Smer ("Direction"), vainqueur des élections législatives du 17 juin, a opté mercredi 28 juin pour une coalition rouge-brun en s'alliant à l'extrême droite xénophobe (Parti national slovaque, SNS) et à un parti nationaliste (Mouvement pour une Slovaquie démocratique, HZDS). "La direction de Smer m'a donné l'autorisation à l'unanimité d'inviter aux négociations le SNS et le HZDS", a déclaré le chef de Smer, Robert Fico, à Bratislava. "Cette coalition permettra à la Slovaquie de devenir un Etat social", a assuré celui qui se prépare à devenir premier ministre.

Les trois partis disposent ensemble de 85 des 150 sièges au Parlement, une majorité assez large pour faire passer le "programme de gauche" promis par M. Fico à ses électeurs. "Nous commencerons à préparer demain l'accord de coalition et le programme du nouveau gouvernement" qui devrait être présenté au Parlement début août, a expliqué cet avocat qualifié de "populiste" par ses détracteurs. Cette alliance exclut les chrétiens-démocrates et le Parti des Hongrois de souche SMK (centre droit), partenaires dans la coalition sortante du groupe SDKU, dirigé par le premier ministre sortant Mikulas Dzurinda. (...)

Le Smer, seul parti de gauche de l'éventail politique slovaque à s'être affilié au Parti socialiste européen (PSE), a obtenu 50 sièges au Parlement après une campagne contre les réformes libérales de la droite emmenée par Mikulas Dzurinda."

Jean Quatremer, "Pour les socialistes européens, s'allier avec l'extrême droite est normal", Bruxelles.blogs.liberation.fr, 10 décembre 2009 :

"Alors que les socialistes européens, éjectés du pouvoir dans la plupart des pays de l’Union, prétendent vouloir se refonder, ils ont pris, mardi, lors de leur congrès à Prague, une décision qui en dit long sur leur profonde crise d’identité et sur le chemin qui leur reste à parcourir. Par 93 % des  voix, les délégués ont, en effet, décidé de réintégrer au sein du PSE le parti socialiste slovaque, le Smer-SD du premier ministre Robert Fico, allié depuis juillet 2006 avec les populistes du HZDS (Mouvement pour une Slovaquie démocratique) de l’ancien Premier ministre Vladimir Meciar, et l’extrême droite ultranationaliste du SNS (Parti national slovaque).

La suspension avait été demandée par le groupe socialiste du Parlement européen au lendemain de la formation du nouveau gouvernement et acceptée par le PSE en octobre 2006. Le seul élément nouveau justifiant ce revirement est une lettre commune signée par Robert Fico et Jan Slota, le leader du SNS, dans laquelle ils s’engagent à respecter les valeurs européennes, en particulier le droit des minorités (hongroise en l’occurrence). La délégation du parti socialiste hongrois (MSZP) est la seule à avoir voté contre cette réintégration : « si vous prenez quelqu’un dans une coalition, vous devez en assumer la responsabilité », a expliqué Agnes Vadai, membre de la présidence du PS hongrois. « Le Smer-SD est en coalition avec un parti qui est xénophobe et extrémiste. C’est inacceptable ».

Les Slovaques étaient ravis : « pour nous, c’est une satisfaction et un encouragement. Cette réintégration confirme la justesse de notre voie, de notre travail pour les socialistes et pour les habitants de la Slovaquie », s’est réjoui Jura Horvath, responsable des questions internationales du Smer-SD. Si on comprend bien le sens de cette décision, les socialistes considèrent donc comme normal une alliance avec l'extrême-droite pour revenir au pouvoir."

Jean-Christophe Cambadélis, "Victoire des sociaux-démocrates slovaques", Cambadelis.net, 11 mars 2012 :

"Le parti socialiste salue la victoire des sociaux-démocrates slovaques.

La large victoire du SMER-SD, le parti social-démocrate slovaque, marque, après le Danemark et la Belgique, le début d’un sursaut progressiste dans une Europe conservatrice.

Robert Fico est assurée d’avoir une majorité absolue, ce qui permettra de mener non seulement une politique courageuse, mais aussi de former une coalition de progrès.

Cette victoire montre que la domination des conservateurs et des populistes n’est pas une fatalité."

François Hollande, déclaration aux côtés de Robert Fico, 11 avril 2013 :

"Mesdames, Messieurs, j’ai été ravi d’accueillir, pour la deuxième fois en quelques mois, le Premier ministre slovaque, mon ami Robert, avec lequel je travaille au sein du Conseil européen autour des mêmes objectifs : donner une priorité à la croissance, mobiliser les fonds européens dans cette direction, faire en sorte que nous rétablissions nos comptes publics dans le bon rythme, le bon calendrier. Cela vaut pour la Slovaquie comme pour la France. Nous aurons à prendre des initiatives – un certain nombre de chefs d’Etats et de gouvernements –, pour évoquer dans les prochains Conseils européens, cette orientation de l’Europe que nous avons déjà engagée au mois de juin dernier, au lendemain de mon élection.

Robert et moi, nous avons également parlé de nos relations bilatérales. Elles sont bonnes mais les entreprises françaises doivent rester en Slovaquie, continuer à répondre à des appels d’offres – il y en a de nombreux – aussi bien pour les infrastructures que pour l’énergie. Je sais que le Premier ministre slovaque aura des rencontres avec un certain nombre de chefs d’entreprises en France au cours de sa visite.

Enfin, j’ai confirmé que je me rendrai en Slovaquie, à Bratislava, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance, à l’automne prochain. Ce sera l’occasion de signer le plan d’action qui consacre notre partenariat stratégique autour des coopérations universitaires, linguistiques, de formation et également de développement économique.

Après deux déplacements du Premier ministre slovaque en France, il sera bien temps que le président de la République se rende en Slovaquie !"