lundi 1 juillet 2013

L'indignation bien tardive de Daniel Mayer et Pierre Moscovici

Stéphane Trano, Mitterrand, les amis d'abord, Paris, L'Archipel, 1999, p. 301 :

"Dans les rangs des fidèles, l'affaire Bousquet suscite en 1994 quelques déclarations qui marquent une prise de distance spectaculaire. Daniel Mayer, grand résistant socialiste, ancien président de la Ligue des droits de l'homme, ministre au côté de François Mitterrand dans le premier gouvernement d'après-guerre et nommé par lui au Conseil constitutionnel, déclare ainsi :

« Je croyais qu'il était passé à Vichy pour voir. Je ne savais pas. Si j'avais su, avant 1981, ce que l'on dit aujourd'hui, je n'aurais pas appelé à voter pour François Mitterrand. Mais si j'avais été suivi dans ce refus, la peine de mort n'aurait pas été abolie. Or, la lutte contre l'occupant et Vichy, d'une part, et la bataille contre la peine de mort, d'autre part, sont les deux combats de ma vie. »

Le député européen Pierre Moscovici, à son tour :

« Je ne savais pas ce que Péan a raconté dans son livre. Les conventionnels, eux, savaient. Et ils minimisent parce qu'ils savaient. C'est une imposture collective. Le Mitterrand de la Résistance a effacé celui de Vichy. La violence de leur réaction [au sein des instances du PS] est à l'aune de leur gêne. Et cela vaut aussi pour les jeunes, même si j'ai beaucoup d'affection pour eux. Hollande, Royal ou Bredin m'ont insulté. Ils sont incapables de distinguer leur propre destin du sien. Ma relation au Parti socialiste ne sera plus jamais la même. » "