jeudi 4 juillet 2013

Le soutien des solidaristes à François Mitterrand en 1974

Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, PUL, 1992, p. 17 :

"Une formulation encore plus radicale se trouve dans le texte "Nationalisme, année zéro", publiée dans la revue de Michel Schneider, les Cahiers du CDPU (N° 6, 1975), venant au moment de la rupture entre "nationaux" lepénistes et "nationalistes" d'Ordre nouveau : lors des élections présidentielles de 1974, le CDPU [Centre de Documentation Politique et Universitaire] appelle à voter pour François Mitterrand. Il emploie alors une phraséologie très marquée par le gauchisme, indiquant entre autres que les nationalistes-révolutionnaires ne sont "ni les chiens de garde du capital, ni une police supplétive du régime et ni les futurs cadres des partis de droite". Le CDPU se place dans la lignée de Georges Valois et de Doriot. Il revendique une alternative totale à la droite, souhaite rompre avec le recrutement sociologique particulier des "nationaux" 1, se situe, au plan de la politique internationale, aux antipodes de l'atlantisme du FN. Le CDPU par exemple, est avant tout anti-américain : ses alliés déclarés sont "le monde arabe, la Chine et le Japon". Son ennemi premier est le capitalisme, dans la mesure où il souhaite que l'Etat soit indépendant des "factions économiques et financières" ; son idéal est un régime qui "supprime les partis politiques traditionnels", instaure la représentation des syndicats et associations, donne le pouvoir à une dizaine de "super-régions". Mais surtout, au plan international, en proposant une participation active aux mouvements comme l'IRA ou les groupes armés palestiniens, il s'inscrit dans une stratégie de rupture avec l'ordre des grandes puissances. (...)

1. M. S. (Michel Schneider ?), "Nationalisme-révolutionnaire, année zéro", Cahiers du CDPU, n° 6, 1975.  L'auteur rappelle que les solidaristes du GAJ et de l'OLP [Organisation lutte du peuple], avaient aussi recommandé de voter Mitterrand lors des présidentielles de 1974."