lundi 24 juin 2013

Michel Rocard : "Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde"

Michel Rocard, allocution à la Rencontre nationale des élus socialistes originaires du Maghreb, 7 janvier 1990 :

"Aujourd'hui, je le dis clairement, la France n'est plus, ne peut plus être, une terre d'immigration. Je l'ai déjà dit et je le réaffirme : "nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde".

Le temps de l'accueil de main-d'oeuvre étrangère relevant de solutions plus ou moins temporaires est donc désormais révolu."

Michel Rocard, intervention à l'Assemblée nationale, 22 mai 1990 :

"Le fait majeur, qui domine les problèmes que nous rencontrons, tient à ce que la France n'est plus une terre d'immigration. Nous ne pouvons plus, en effet, recevoir un flux massif et incontrôlé sans que cela n'hypothèque gravement et tout ensemble d'abord l'équilibre social de la Nation, ensuite les chances d'intégration des étrangers installés, enfin l'avenir même de nouvelles vagues d'arrivants et des pays d'où ils viennent.

Mais il reste que notre structure économique crée cependant toujours un appel pour un travail peu qualifié dans certains secteurs économiques. Et les réalités démographiques mondiales font que la pression des flux migratoires en provenance de diverses parties du monde est forte. Notre effort doit donc porter sans aucun doute sur une maîtrise accrue des flux migratoires.

Nous sommes, d'autre part, à un moment toujours critique qui marque la fin de la vague d'immigration des années de la croissance, celui où la seconde génération, tiraillée entre son milieu d'origine, les principes et les habitudes du pays d'accueil, doit s'intégrer. Elle entre, alors, en friction avec d'autres catégories de la population, dans l'école, dans le logement, dans le travail. (...)

Nous ne pouvons pas (hélas) soulager toutes les misères de la planète.

Nous pouvons (heureusement) intégrer harmonieusement ceux qui vivent régulièrement sur notre territoire et entendent y rester."