samedi 4 mai 2013

1965 : le soutien affiché de l'extrême droite antigaulliste à François Mitterrand

René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde Editions, 1992, p. 294 :

"Après s'être regroupés pour soutenir Me Tixier-Vignancour, candidat d'extrême droite aux présidentielles de 1965, nombre des actuels cadres du FN appelèrent à voter pour François Mitterrand contre Charles de Gaulle lors du second tour : Bernard Antony (Romain Marie), Christian Baeckeroot, Michel Collinot, Roger Holeindre, Pierre Sergent, feu Jean-Pierre Stirbois, et bien sûr Jean-Marie Le Pen, tous membres du bureau politique, avaient appelé en leur nom propre ou avec leur organisation à voter Mitterrand." 

Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La Main droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite, Paris, Le Seuil, 1994, p. 34-35 :

"Très vite, les manifestations de soutien de l'extrême droite au candidat de la gauche se multiplient : le capitaine Sergent, chef clandestin de l'OAS-Métropole, Georges Bidault de son exil brésilien, Jacques Soustelle, Jean-Marie Le Pen, Jean-Marc Varaut, Paul Antier, l'association des pieds-noirs du colonel Battesti, Bernard Antony, Roger Holeindre, Alain de Lacoste Lareymondie..., tous ont en mémoire la position pro-Algérie française de François Mitterrand et son témoignage « courageux » en faveur du général Salan lors du procès de 1962. Ils ont acquis la certitude que la promesse d'amnistie des généraux putschistes sera à l'ordre du jour de l'entre-deux-tours. L'un des proches collaborateurs de Tixier-Vignancour, maître Jean-Marc Varaut, affirme que le désistement du candidat d'extrême droite « a donné lieu à une négociation ». André Labarrère, qui rejoint l'équipe de François Mitterrand à ce moment-là, explique : « Leur rapprochement est d'abord à mettre sur le compte d'un antigaullisme primaire. Sans toutefois écarter l'idée d'une négociation et d'une promesse sur l'amnistie des généraux, c'est bien dans sa façon de procéder. » "