mardi 14 mai 2013

La nomination de Pierre Poujade au Conseil économique et social (1984)

Christine Clerc, "Poujade "new look"", Le Figaro Magazine, 20 juin 1987 :

"Je le croyais retiré dans le bourg de Saint-Céré d'où il lança la révolte des « petits ». Pas du tout. Quand il n'est pas à la Vallée heureuse, son exploitation agricole à La Bastide-l'Evêque (Lot) celui que l'on appela « Poujadolf » et qui fit si peur aux dirigeants de la IVe République moribonde, siège au Conseil économique et social où il a été nommé par François Mitterrand lui-même (« J'ai voté pour lui en 1981, confie-t-il. Il fallait se débarrasser de Giscard, qui n'avait pas tenu ses promesses »). (...)

Parlez-lui donc plutôt de la Guadeloupe où Mitterrand (qui l'invite souvent à déjeuner en tête à tête) lui a confié une mission. Alors, son visage s'éclaire : « Les Caraïbes, c'est Poujade new look ! s'exclame-t-il. Vous me verriez là-bas, en short devant mon punch ! Ils m'ont adopté. » "

dimanche 12 mai 2013

Pierre Vial et la gauche socialiste rhodanienne

René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde Editions, 1992, p. 209-210 :

"Le bulletin lyonnais Socialisme européen aura 25 numéros de 1967 à septembre-octobre 1971. Des responsables socialistes lui accordent des tribunes libres (Henri Delmotte, membre de la FGDS et de la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, et Hubert Dubedout futur maire socialiste de Grenoble). Son socialisme est « révolutionnaire, pragmatique, libertaire et fédéraliste, communautaire et organique, humaniste, européen ». Les dossiers portent sur la Commune de Paris, l'autogestion, etc. Mais le n° 3 souhaite une « Europe de Brest à Bucarest », selon la formule de Thiriart. Plusieurs publications laudativement citées émanent, malgré des titres très gauchisants, de groupes d'extrême droite issus de l'éclatement de Jeune Europe : Révolution socialiste européenne, Le Communard, « organe de combat des étudiants socialistes européens ». Pierre Vial, fondateur de Socialisme européen, est à l'époque un des animateurs de l'équipe du GRECE, et le bulletin tient sa permanence à l'adresse du local lyonnais du GRECE !"

samedi 4 mai 2013

1965 : le soutien affiché de l'extrême droite antigaulliste à François Mitterrand

René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde Editions, 1992, p. 294 :

"Après s'être regroupés pour soutenir Me Tixier-Vignancour, candidat d'extrême droite aux présidentielles de 1965, nombre des actuels cadres du FN appelèrent à voter pour François Mitterrand contre Charles de Gaulle lors du second tour : Bernard Antony (Romain Marie), Christian Baeckeroot, Michel Collinot, Roger Holeindre, Pierre Sergent, feu Jean-Pierre Stirbois, et bien sûr Jean-Marie Le Pen, tous membres du bureau politique, avaient appelé en leur nom propre ou avec leur organisation à voter Mitterrand." 

Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La Main droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite, Paris, Le Seuil, 1994, p. 34-35 :

"Très vite, les manifestations de soutien de l'extrême droite au candidat de la gauche se multiplient : le capitaine Sergent, chef clandestin de l'OAS-Métropole, Georges Bidault de son exil brésilien, Jacques Soustelle, Jean-Marie Le Pen, Jean-Marc Varaut, Paul Antier, l'association des pieds-noirs du colonel Battesti, Bernard Antony, Roger Holeindre, Alain de Lacoste Lareymondie..., tous ont en mémoire la position pro-Algérie française de François Mitterrand et son témoignage « courageux » en faveur du général Salan lors du procès de 1962. Ils ont acquis la certitude que la promesse d'amnistie des généraux putschistes sera à l'ordre du jour de l'entre-deux-tours. L'un des proches collaborateurs de Tixier-Vignancour, maître Jean-Marc Varaut, affirme que le désistement du candidat d'extrême droite « a donné lieu à une négociation ». André Labarrère, qui rejoint l'équipe de François Mitterrand à ce moment-là, explique : « Leur rapprochement est d'abord à mettre sur le compte d'un antigaullisme primaire. Sans toutefois écarter l'idée d'une négociation et d'une promesse sur l'amnistie des généraux, c'est bien dans sa façon de procéder. » "