mardi 6 novembre 2012

Turgut Özal et Israël

Elise Ganem, L'axe Israël-Turquie : vers une nouvelle dynamique proche-orientale, 2005 :

"La Turquie et Israël profitent de la pacification progressive des relations proche-orientales dans leur globalité pour procéder à la nomination d'ambassadeurs dans leurs deux capitales en décembre 1991. Mais c'est le processus d'Oslo qui constitue véritablement un tournant dans les relations israélo-turques. La reconnaissance mutuelle de l'Organisation de Libération de la Palestine et d'Israël en 1993 soulage la Turquie qui se sentait jusque-là complexée d'être le seul Etat musulman de la région à entretenir de bons rapports avec l'« ennemi sioniste ». Progressivement, les relations s'intensifient, notamment grâce à l'action de Turgut Özal et de son homologue israélien, Shimon Peres. Les deux hommes sont particulièrement favorables à l'établissement d'une relation privilégiée entre leurs pays." (p. 17-18)

"Néanmoins, c'est Shimon Peres et l'idée qu'il a de la Turquie qui expliquent l'intensité avec laquelle l'entente fut consolidée au milieu des années 1990. Tout d'abord, sa présence aux funérailles de Turgut Özal en 1994 traduisait les relations d'amitié qui existaient entre les deux hommes." (p. 77)

"La participation de la Turquie du côté des Alliés pendant la seconde guerre du Golfe marque un changement majeur. D'après Didier Billion, la décision de Turgut Özal d'engager son pays dans la coalition alliée traduit sa volonté de le faire « reconnaître comme un grand pays moderne, responsable, membre fiable et éminent de l'alliance occidentale, indispensable comme stabilisateur régional ». Le changement de cap de la politique extérieure turque correspond à l'arrivée de M. Özal au pouvoir. Celui-ci avait opté pour un redéploiement complet de la politique étrangère de son pays basé sur l'ouverture économique d'abord, puis politique. Progressivement, la Turquie s'aligne sur les positions politiques de Washington. Ainsi, le rapprochement vers Israël peut être interprété comme faisant partie de la logique de renforcement de l'entente avec les Etats-Unis." (p. 91)