mardi 6 novembre 2012

L'accord entre Adnan Menderes et David Ben Gourion (1958)




Alain Dieckhoff, "Israël et la Turquie : contrastes et perspectives", in Elizabeth Picard (dir.), La nouvelle dynamique au Moyen-Orient : Les relations entre l'Orient arabe et la Turquie, Paris, L'Harmattan, 1993, p. 146-147 :

"Les Etats arabes exercèrent de fortes pressions sur la Turquie pour qu'elle rompe ses relations diplomatiques avec Israël. Pour apaiser ce courroux, la Turquie décida que les légations seraient uniquement dirigées par un chargé d'affaires. Sans être d'une chaleur particulière, les rapports entre les deux pays furent néanmoins réguliers et même consolidés par un accord en bonne et due forme conclu en août 1958. Il prévoyait l'échange d'informations dans les domaines diplomatique, militaire et du renseignement ainsi que la livraison de matériel militaire. Conclu secrètement entre David Ben Gourion et Adnan Menderes, cet arrangement doit bien entendu être compris comme une manifestation d'une commune hostilité envers les Soviétiques et les nationalistes arabes qui, emportés par l'exaltation du nassérisme, avaient entretenu une agitation politique en Syrie, en Irak, au Liban et en Jordanie."

Elise Ganem, L'axe Israël-Turquie, vers une nouvelle dynamique proche-orientale ?, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 16 :

"Ankara fut le premier Etat musulman à reconnaître l'Etat hébreu, de facto en 1949 puis de jure un an plus tard. Abandonnant son principe de neutralité qui prévalait jusqu'alors dans la conduite de sa politique extérieure, la Turquie choisit résolument le camp occidental pendant la Guerre Froide. Ainsi, elle participa à la Guerre de Corée auprès des Etats-Unis en 1950, elle adhéra à l'OTAN en 1952, au Pacte de Bagdad en 1955 puis successivement à l'OCDE et au Conseil de l'Europe. En 1958, le Premier ministre israélien Ben Gourion signa avec son homologue turc Adnan Menderes un accord de coopération contre « le radicalisme au Moyen-Orient et contre l'influence soviétique »."