lundi 19 novembre 2012

"Le Pen, une histoire française" de Philippe Cohen et Pierre Péan

Philippe Cohen, entretien à Atlantico.fr, 17 novembre 2012 :

"J’ai d’abord envie de dire que SOS-Racisme, puisque tout vient de là au départ, a été une création forgée de toute pièce à l’Elysée comme notre enquête le démontre. Dans l’esprit de Mitterrand, il s’agissait à la fois de faire monter le Front national sur un plan électoral (d’où l’instauration de la proportionnelle en 1986) et en même temps de diaboliser Le Pen grâce à la petite main jaune pour rendre impossible toute alliance de la droite et du FN qui, à l’époque apparaissait comme plausible. En réalité, François Mitterrand s’est permis de jouer avec Le Pen de cette façon parce qu’il ne le tenait pas pour un fasciste mais pour un notable."

jeudi 8 novembre 2012

Les Juifs de Diyarbakir et le vandalisme des tribus kurdes

"Les juifs de Diarbékir

M. Nassi, directeur de l'école de l'Alliance, à Téhéran, a adressé au Comité central la relation suivante :

Dans son intéressant rapport sur les juifs de Kamechlié publié dans le numéro de Paix et Droit d'avril 1934, M. Silver a parlé des Juifs de Diarbékir.

Permettez-moi de rappeler ici quelques souvenirs sur nos coreligionnaires perdus dans cette partie du Kurdistan turc et au milieu desquels j'ai passé une quinzaine de mois.

C'était au début de 1912 ; j'avais été nommé professeur de français et d'histoire au lycée de cette ville. Celle-ci avait, dès le premier abord, attiré mon attention. Entourée d'épaisses murailles datant de l'époque grecque, romaine ou arabe, surplombant des rochers à pic au bord des ravins profonds, elle détachait au loin son imposante et terrifiante silhouette avec ses larges donjons, ses hautes tourelles et ses fins créneaux qui avait résisté non seulement aux attaques des hommes et des hordes envahissantes, mais aussi à l'usure inlassable du temps ; car tout était resté presque intact et l'on pouvait même alors visiter les souterrains, les casemates, les immenses dépôts et se promener sur cet autre mur de Chine que le génie et la persévérance humaines avaient dressé. Quatre portes solides et monumentales gardées en ce temps par des gendarmes et fermées dès le coucher du soleil, isolaient les habitants du reste des vivants et les mettaient ainsi à l'abri des surprises nocturnes ; tout ce qui était au delà de l'enceinte était abandonné à son propre sort, ce qui faisait que les endroits les plus poétiques se transformaient en de vrais coupe-gorges ou en repaires de bandits.

En bas, vers le Sud-Est, le Tigre coulait mugissant et majestueux, traversant des gorges sauvages de rocs de granit et de basalte, si bien que la ville semblait un nid d'aigle au sommet d'une montagne ; et, en effet, bien après le Moyen Age, cette ville était comptée parmi les citadelles imprenables et les sultans ottomans, avec les nombreux titres qu'ils se donnaient et les villes qui les suivaient, aimaient à mentionner ce bastion, cause d'effroi des envahisseurs qui, du Nord au Sud ou du Sud au Nord devaient passer par là pour se rendre au coeur de l'Asie-Mineure ou de la Transcaucasie, ou en Mésopotamie. Grecs, Romains, Arabes, tous s'y étaient rencontrés et avaient sur la pierre laissé la trace de leur présence et la mention de leur occupation.

La ville comptait alors 200.000 habitants, composés pour la plupart de Kurdes appartenant à toutes les tribus éparpillées depuis le Nord de l'Assyrie jusqu'au Sud, ce qui fut autrefois la Chaldée, montagnards farouches, réfractaires à toute idée nouvelle, préférant garder avec leur pittoresque costume de peau de chèvre au pantalon bouffant et le long bonnet de feutre, la liberté d'action sur les monts comme dans les plaines. Les Arméniens y étaient nombreux ; sans cesse menacés par leurs voisins qui, au moindre prétexte, faisaient irruption dans leur quartier, s'emparaient de leurs biens et souvent les massacraient, ils étaient obligés d'émigrer en Amérique ou d'aller chercher refuge dans des contrées plus clémentes et plus hospitalières. A cette époque, la population israélite était très peu nombreuse ; elle se composait d'une centaine de maisons, soit en tout 250 à 300 âmes, parquées dans la partie nord, presque à la lisière de la ville ; leur situation était très misérable ; comme, hélas ! partout dans ces lointaines contrées d'Orient qui sont restées longtemps fermées au contact des étrangers et au bienfait de la civilisation occidentale, ils se livraient au colportage, au petit commerce, à la fabrication et à la vente de l'eau-de-vie, etc. Ils parlaient le turc, le kurde, l'hébreu et le targoum, mélange de ces deux dernières langues ; ils n'avaient ni école, ni cimetière, ni talmud-torah ; un vieux rabbin enseignait dans une petite cour malpropre l'hébreu aux petits enfants ; malgré leur nombre et le manque de tous moyens d'enseignement, il arrivait à leur apprendre les premiers éléments de la langue ; de sorte qu'il n'y avait presque pas de gens ignorants ; il m'a été possible, lors de mon séjour là-bas, de leur donner à titre gratuit un maître de turc. Je m'étais intéressé à l'état de ces malheureux et j'avais attiré sur eux l'attention des autorités centrales et de la Communauté de Constantinople ; la campagne ouverte dans les journaux cessa par suite de mon déplacement.

Au milieu des huttes et des maisons misérables construites en terre, composées d'un petit espace de quelques mètres carrés abritant quatre ou cinq familles, véritables taudis où s'entassaient pêle-mêle hommes, femmes, enfants et vieillards, s'élevait une synagogue, coquette avec ses colonnes de pierre noire et ses voûtes élancées qui détonnaient dans ce dénuement. Vous n'allez point vous étonner quand vous saurez qu'elle a pu être érigée grâce au don de 100 livres sterling que Sir Moses Montefiore fit à la Communauté en 1881, don accompagné d'une lettre en hébreu de l'illustre philanthrope ; en signe de gratitude, elle l'avait fidèlement conservée, à côté d'un vieux rouleau de la Loi écrite sur une peau de gazelle. Sir Montefiore accusait réception d'une dépêche que nos frères lui avait lancée, probablement soit à l'occasion d'une épidémie, soit lors d'une famine qui, autrefois, décimait la population entière d'une contrée.

Dans la cour attenante à la synagogue, les morts reposent presque au contact des vivants, contrairement à toute règle de l'hygiène la plus élémentaire ; ce soin avait sa raison d'être, car il m'a été dit que, durant les années de sécheresse, les Kurdes avaient l'habitude de couper la tête d'un mort juif et de la jeter au Tigre : il fallait donc mettre les morts à l'abri de cette offense et voilà pourquoi dans la petite cour, derrière le temple, les tombes s'entassaient les unes sur les autres. Un autre procédé grossier était en usage pour avoir l'eau du ciel. Placé sur le toit, un homme devait, paraît-il, guetter un convoi mortuaire et cracher sur le cercueil qui portait le juif à sa demeuré dernière. Le fait m'avait profondément frappé ; et j'avais demandé au Gouverneur général de la contrée l'abolition de ces coutumes aussi barbares qu'humiliantes.

Les juifs, épousant le caractère de leurs voisins kurdes, m'avaient paru fort susceptibles et quelque peu belliqueux, et il m'est arrivé une fois de me rendre au quartier, durant les fêtes de Tichri pour ramasser les armes, car les fidèles s'échappant du temple au milieu de l'office, s'étaient, je ne sais à la suite de quel ridicule incident, postés sur les toits, se menaçant les uns les autres.

Les femmes sortaient voilées et j'ai été très étonné de voir la femme du Rabbin, le soir de Pâques, accroupie derrière la porte-pour écouter le récit de la délivrance de nos aïeux de la terre de l'esclavage.

L'Alliance Israélite s'était jadis intéressée à cette Communauté, et j'ai sous les yeux la lettre en hébreu qu'Isidore Loeb lui avait adressée le 11 mai 1876 et une autre de la même année dans laquelle le regretté secrétaire lui disait que « la nuit serait changée en jour » ; cette correspondance s'échangeait par l'entremise de M. Fesani, probablement le Consul français de la contrée.

Mais une suite de circonstances malheureuses et la guerre générale qui bouleversa et désorganisa tout, ne permirent point de mettre ce projet à exécution, de sorte que cette « nuit » pèse encore bien lourdement sur ces pauvres gens."

Source : Paix et Droit (organe de l'Alliance Israélite Universelle), n° 6, 14e année, juin 1934, p. 8-9.

mercredi 7 novembre 2012

Bernard Lecache et l'affaire Petlioura : aux origines de la LICA

Alain Vincenot, Les larmes de la rue des Rosiers, Paris, Editions des Syrtes, 2010, p. 194, note 1 :

"En 1926, un anarchiste juif, Samuel Schwartzbard, abat à Paris un nationaliste ukrainien, Simon Petlioura. Il l'accuse d'avoir dirigé des pogroms qui ont décimé sa famille. Fils d'immigrés juifs ukrainiens, né à Paris en 1895, un journaliste, Bernard Lecache, prend sa défense et fonde la Ligue internationale contre les pogroms pour dénoncer les crimes dont sont victimes les juifs d'Europe centrale. Il reçoit le soutien de Léon Blum, d'Albert Einstein, de Joseph Kessel, de Romain Rolland, de la comtesse de Noailles, de Victor Basch, de Maxime Gorki et d'Henry Torrès, l'avocat de Samuel Schwartzbard. Celui-ci est acquitté le 26 octobre 1927. En 1928, la Ligue internationale contre les pogroms devient la Ligue internationale contre l'antisémitisme (Lica) que présidera Bernard Lecache pendant quarante ans."

Iaroslav Lebedynsky, Ukraine. Une histoire en questions, Paris, L'Harmattan, 2008, p. 177-179 :

"La question des pogroms de 1919 a parfois donné lieu à une véritable désinformation. Dès le début des années 1920, l'idée se répandit que leur principal responsable était Petlioura. Quand celui-ci fut assassiné à Paris en 1926, par le Juif Samuel Schwarzbard manipulé par les services secrets soviétiques, et que l'assassin fut acquitté par la justice française au motif qu'il avait en quelque sorte « vengé les pogroms », cette idée acquit force de loi. Elle est encore très vivante chez certains Juifs.

Mais il faut se souvenir que l'histoire est écrite par les vainqueurs (ou du moins, en général, par ceux qui peuvent faire entendre leurs thèses). En 1920, tout le monde avait intérêt à trouver un bouc émissaire dépourvu d'influence. La vérité est en effet qu'en Ukraine, en 1919, toutes les armées en présence se rendirent coupables de violences antijuives. Cela vaut, certes, pour des unités ukrainiennes plus ou moins subordonnées au Directoire ; mais aussi pour les Russes « blancs » de Dénikine, qui voyaient dans les Juifs le virus du bolchévisme ; mais aussi pour les bolcheviks et les anarchistes, parce que les Juifs incarnaient le capitalisme bourgeois.

Le Directoire n'avait aucune attitude hostile aux Juifs, bien au contraire. Comme auparavant l'hetman Skoropadsky et la Rada centrale, il nomma des ministres juifs. En juillet et août 1919, des lois interdirent les violences contre les Juifs et les punirent de mort, tandis que Symon Petlioura lui-même, dont on ne peut citer une seule phrase hostile aux Juifs, écrivait dans une proclamation du 12 octobre 1919 : « Officiers et Cosaques de l'armée ukrainienne ! [...] Les masses travailleuses ukrainiennes et juives vous considèrent comme des libérateurs [...]. Soyez sans pitié avec les provocateurs qui commettent eux-mêmes des pogroms [...]. La peine de mort doit s'abattre sur la tête des pogromistes... »

En 1921, Petlioura en exil échafaudait avec le dirigeant sioniste Vladimir Jabotinski des projets de gendarmerie juive destinée à protéger les communautés juives d'Ukraine après une hypothétique reconquête. Tout au plus peut-on lui reprocher, au nom de la responsabilité morale de tout chef, de ne pas avoir pu exercer un contrôle réel sur toutes les unités qui se réclamaient de la République populaire d'Ukraine, et encore moins sur l'ensemble de la situation. Le personnage, beaucoup trop idéalisé par les patriotes ukrainiens, a été injustement diabolisé (souvent par ignorance ou par commodité). Laissons le dernier mot à Jabotinski : « Ni Petlioura, ni Vynnytchenko, ni le reste des principaux membres de ce gouvernement ukrainien n'ont jamais été des "pogromistes" [...]. J'ai mené avec eux la lutte contre les antisémites et la russification. On ne convaincra ni moi-même, ni le reste des sionistes pensants du Sud de la Russie, que des gens de ce type puissent être considérés comme des antisémites. » (The Jewish Morning Journal, 4 juillet 1926)."

Stéphane Courtois, "Du passé faisons table rase !", in Stéphane Courtois (dir.), Du passé faisons table rase ! Histoire et mémoire du communisme en Europe, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 83 :

"Trotsky fut le fondateur des camps de concentration soviétiques à l'été 1918 et il couvrit de son autorité d'innombrables massacres perpétrés par « son » armée, y compris des massacres de Juifs."

Isaac-Leib Peretz, Les oubliés du Shtetl : Yiddishland, Paris, Plon, 2007, p. 306 :

"Les archives secrètes, désormais accessibles depuis la chute de l'URSS, nous apprennent que la seule réaction de Lénine, lorsqu'il fut dûment informé de cette campagne de tueries entreprise par sa célèbre « Cavalerie rouge », fut d'ordonner que le rapport dénonçant les pogroms soit... archivé. Et lorsque le Bureau central de la section juive du PC de Russie lui adressa un appel angoissé, daté du 6 juillet 1921, en soulignant que la passivité des autorités incitait les fauteurs de pogroms en Biélorussie à croire que le Kremlin restait indifférent à ces tueries, Lénine confirmera implicitement cette appréciation des pogromistes en ordonnant à nouveau le classement vertical du rapport. Même indifférence criminelle de la part du commandant de l'Armée rouge : Trotski reçut des centaines de rapports relatifs aux pogroms perpétrés par ses propres soldats en Ukraine. Mais jamais il ne fit la moindre référence à ces atrocités, ni dans ses déclarations officielles ni dans ses communications confidentielles au gouvernement à Moscou. C'est bien simple : le terme « pogrom » ne figure même pas dans l'index du volume contenant ses discours et directives de l'année 1919."

mardi 6 novembre 2012

Maurice Papon et la gauche sous la IVe République : l'hypocrisie de la gauche mittérrandienne et post-mittérrandienne

"Les grandes dates de sa carrière", Tempsreel.nouvelobs.com, 17 février 2007 :

"Voici les principales dates de la carrière administrative et politique de Maurice Papon, mort samedi à l'âge de 96 ans. (...)

- janvier 1947 : préfet de Corse (nommé par le gouvernement Blum)
- octobre 1949 : préfet de Constantine (Algérie) (désigné par le gouvernement du radical Henri Queuille)
- juin 1954 : secrétaire général du protectorat du Maroc (nommé par le gouvernement Pierre Mendès-France)
- mars 1958 : préfet de police de Paris (nommé par le gouvernement du radical Félix Gaillard)"

L'accord entre Adnan Menderes et David Ben Gourion (1958)




Alain Dieckhoff, "Israël et la Turquie : contrastes et perspectives", in Elizabeth Picard (dir.), La nouvelle dynamique au Moyen-Orient : Les relations entre l'Orient arabe et la Turquie, Paris, L'Harmattan, 1993, p. 146-147 :

"Les Etats arabes exercèrent de fortes pressions sur la Turquie pour qu'elle rompe ses relations diplomatiques avec Israël. Pour apaiser ce courroux, la Turquie décida que les légations seraient uniquement dirigées par un chargé d'affaires. Sans être d'une chaleur particulière, les rapports entre les deux pays furent néanmoins réguliers et même consolidés par un accord en bonne et due forme conclu en août 1958. Il prévoyait l'échange d'informations dans les domaines diplomatique, militaire et du renseignement ainsi que la livraison de matériel militaire. Conclu secrètement entre David Ben Gourion et Adnan Menderes, cet arrangement doit bien entendu être compris comme une manifestation d'une commune hostilité envers les Soviétiques et les nationalistes arabes qui, emportés par l'exaltation du nassérisme, avaient entretenu une agitation politique en Syrie, en Irak, au Liban et en Jordanie."

Elise Ganem, L'axe Israël-Turquie, vers une nouvelle dynamique proche-orientale ?, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 16 :

"Ankara fut le premier Etat musulman à reconnaître l'Etat hébreu, de facto en 1949 puis de jure un an plus tard. Abandonnant son principe de neutralité qui prévalait jusqu'alors dans la conduite de sa politique extérieure, la Turquie choisit résolument le camp occidental pendant la Guerre Froide. Ainsi, elle participa à la Guerre de Corée auprès des Etats-Unis en 1950, elle adhéra à l'OTAN en 1952, au Pacte de Bagdad en 1955 puis successivement à l'OCDE et au Conseil de l'Europe. En 1958, le Premier ministre israélien Ben Gourion signa avec son homologue turc Adnan Menderes un accord de coopération contre « le radicalisme au Moyen-Orient et contre l'influence soviétique »."

Turgut Özal et Israël

Elise Ganem, L'axe Israël-Turquie : vers une nouvelle dynamique proche-orientale, 2005 :

"La Turquie et Israël profitent de la pacification progressive des relations proche-orientales dans leur globalité pour procéder à la nomination d'ambassadeurs dans leurs deux capitales en décembre 1991. Mais c'est le processus d'Oslo qui constitue véritablement un tournant dans les relations israélo-turques. La reconnaissance mutuelle de l'Organisation de Libération de la Palestine et d'Israël en 1993 soulage la Turquie qui se sentait jusque-là complexée d'être le seul Etat musulman de la région à entretenir de bons rapports avec l'« ennemi sioniste ». Progressivement, les relations s'intensifient, notamment grâce à l'action de Turgut Özal et de son homologue israélien, Shimon Peres. Les deux hommes sont particulièrement favorables à l'établissement d'une relation privilégiée entre leurs pays." (p. 17-18)

"Néanmoins, c'est Shimon Peres et l'idée qu'il a de la Turquie qui expliquent l'intensité avec laquelle l'entente fut consolidée au milieu des années 1990. Tout d'abord, sa présence aux funérailles de Turgut Özal en 1994 traduisait les relations d'amitié qui existaient entre les deux hommes." (p. 77)

"La participation de la Turquie du côté des Alliés pendant la seconde guerre du Golfe marque un changement majeur. D'après Didier Billion, la décision de Turgut Özal d'engager son pays dans la coalition alliée traduit sa volonté de le faire « reconnaître comme un grand pays moderne, responsable, membre fiable et éminent de l'alliance occidentale, indispensable comme stabilisateur régional ». Le changement de cap de la politique extérieure turque correspond à l'arrivée de M. Özal au pouvoir. Celui-ci avait opté pour un redéploiement complet de la politique étrangère de son pays basé sur l'ouverture économique d'abord, puis politique. Progressivement, la Turquie s'aligne sur les positions politiques de Washington. Ainsi, le rapprochement vers Israël peut être interprété comme faisant partie de la logique de renforcement de l'entente avec les Etats-Unis." (p. 91)

samedi 3 novembre 2012

L'accueil des savants juifs allemands en Turquie dans les années 30

"Turquie

50 SAVANTS JUIFS ALLEMANDS A L'UNIVERSITE D'ISTAMBOUL


Le gouvernement ottoman a invité cinquante savants juifs réfugiés d'Allemagne à occuper divers postes à l'Université d'Istamboul.

Trente savants réfugiés d'Allemagne y ont été déjà engagés l'an dernier."

Source : Le Journal Juif (hebdomadaire illustré), n° 46, volume XII, 15 novembre 1935, p. 3.

jeudi 1 novembre 2012

Grèce : la propagande antisémite des vénizélistes

"2. ― GRECE

Elections

Des élections municipales ont eu lieu à Salonique, le 12 février. A côté du parti gouvernemental favorable aux juifs, les partis adverses étaient formés, d'une part, par les partisans de M. Venizelos ― qui, nettement antisémites aux élections législatives complémentaires du 2 juillet 1933, ont changé cette fois-ci de tactique en faisant figurer à côté de leurs candidats chrétiens un candidat israélite ; d'autre part, un nouveau parti purement antisémite et hitlérien E. E. E. (1), s'est présenté pour la première fois aux élections. Les antisémites, vénizélistes et autres, furent battus. Le nouveau maire, Manios, appartient au parti gouvernemental. La tentative du groupe E. E. E., l'instigateur de la tragédie Campbell, n'a pu recueillir en faveur de son candidat maire que 800 voix, sur les 34.000 votes exprimés. Le nouveau Conseil municipal est constitué par 13 membres du parti gouvernemental et 17 membres de l'opposition, dont trois au moins sont assez favorables aux juifs. Remarquons que, dès le lendemain des élections, le parti Venizelos ― champion de l'idée du Collège Séparé des électeurs juifs ― a repris sa propagande antisémite.

(1) Ethniki Enosis Ellas."

Source : Paix et Droit (organe de l'Alliance Israélite Universelle), n° 3, 14e année, mars 1934, p. 12.