dimanche 9 septembre 2012

Le "philosémite" Guy Mollet et les ex-collaborateurs issus de la SFIO

Jean-Pierre Biondi, La mêlée des pacifistes (1914-1945), Paris, Maisonneuve et Larose, 2000 :

"Nommé conseiller municipal de Meudon par Vichy début 1944, rédacteur à Germinal, Robert Jospin a été exclu du Parti socialiste à la Libération, puis réintégré en 1955 avec l'appui des partisans du secrétaire général de l'époque, Guy Mollet, qui en ont fait le secrétaire fédéral de la S.F.I.O. de Seine et Marne." (p. 131)

Jean Lévy, Le dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l'ennemi, Paris, L'Harmattan, 1992 :


"Mais l'amitié qui lie Albertini à Guy Mollet est plus profonde. Elle remonte à leur militantisme commun à la SFIO, munichois l'un et l'autre en 1938. Leurs chemins se séparent en 1940 : Guy Mollet rejoint l'OCM, organisation de la Résistance, Albertini la collaboration... Mais ils se retrouvent dès 1948. En 1975, à la mort de l'ancien secrétaire général du Parti Socialiste, Est et Ouest lui rend un vibrant hommage. Il est signé Georges Albertini. Faut-il voir là la fameuse « synthèse » qu'il espérait, dès 1945, de sa prison, entre les « collaborationnistes vrais et purs » où il se situe et les « résistants vrais et purs » tels Guy Mollet ?

A lire les extraits du long article, on peut vérifier que c'est sur l'autel de l'anticommunisme que s'est poursuivie cette longue fréquentation amicale, interrompue en 1964, lorsque la SFIO se rapprochait du PCF. Faut-il suivre Pierre Assouline lorsqu'il écrit :

« Avec Guy Mollet, Georges Albertini entretient des rapports suivis. La seule fois, semble-t-il, où Albertini a demandé de l'argent au patronat pour le compte d'un parti politique, c'est, avant 1956, pour celui de Guy Mollet. Et un représentant de la SFlO assiste régulièrement aux réunions de Est et Ouest, ce qui prouve une confiance réciproque ».

Nous pouvons conclure que le rédacteur de la revue L'Histoire a raison. L'hommage rendu à Guy Mollet que nous citons en annexe justifie la réalité de ces « rapports »  privilégiés." (p. 154-155)

"La trajectoire de Lucien Laurat est typique. De la SFIO au pacifisme, de Hitler à l'épuration, puis à nouveau au parti socialiste dans l'ombre de Guy Mollet jusqu'au rapprochement de celui-ci avec les communistes en 1964 qui l'amène à la rupture avec ses amis politiques. Et à partir de 1949, la collaboration à Est et Ouest. Lucien Laurat apparaît comme l'ombre portée de Georges Albertini, guidé, tout au long de sa vie par le même fil anti-rouge (...)." (p. 177)