mercredi 19 septembre 2012

Hubert Beuve-Méry, fondateur du journal Le Monde (L'Immonde, dixit le Général)

Hubert Beuve-Méry, Vers la plus grande Allemagne, Paris, Paul Hartmann, 1939, p. 102-103 :

"Il reste que tout n'est pas à blâmer dans le national-socialisme et qu'il aura contribué, parallèlement au communisme, auquel il s'apparente à plus d'un titre, à modifier profondément la face du monde. Contre les dépravations de l'intellectualisme, de l'individualisme, du libéralisme, du capitalisme, contre l'affadissement ou les déviations du christianisme, il aura été une réaction excessive, mais nécessaire. Avant de dégénérer et vraisemblablement de sombrer dans le mensonge, la corruption et la cruauté, il aura contribué à redonner aux hommes le goût de la vie et le courage du sacrifice, le sens d'une certaine solidarité et d'une certaine grandeur. Peut-être même sonnera-t-il le glas du nationalisme après l'avoir porté à son paroxysme. Suivant en cela une marche inverse du communisme, le national-socialisme, parti d'une étroite plate-forme nationaliste, tend aujourd'hui à devenir un mouvement universel. Il mine sourdement à l'intérieur de presque tous les Etats le sentiment national et facilite ainsi des déplacements de frontière dans lesquels la force armée dont il dispose, et qu'il ne pourrait engager sérieusement sans courir à sa perte, ne joue que le rôle d'appoint. Cette supériorité de la propagande, même la plus mensongère, sur la puissance des armes de guerre, est encore un hommage indirect aux valeurs morales et l'un des signes du monde nouveau. Ce qui est tragique, c'est que la France et l'Angleterre, n'ayant pas su se ressaisir à temps, aient donné finalement libre cours à des phénomènes qu'elles auraient dû contenir et diriger tout en en faisant pour elles-mêmes leur profit."

Hubert Beuve-Méry, "Révolutions nationales, révolution humaine", Esprit, mars 1941 :

"C'est dire que des principes qui furent longtemps les assises de l'Europe : la souveraineté absolue des Etats petits ou grands, l'équilibre européen, le droit de neutralité doivent céder la place à un aménagement plus ordonné du continent. (...)

Il faut à la révolution un chef, des cadres, des troupes, une foi, ou un mythe. La Révolution nationale a son chef et, grâce à lui, les grandes lignes de sa doctrine. Mais elle cherche ses cadres."