vendredi 31 août 2012

Pierre Laval : "socialiste, je l'ai été et je le suis resté au plus profond de mon coeur."

Pierre Laval, déclaration affichée lors des élections législatives de 1914 dans la circonscription d'Aubervilliers :

"Citoyens ! Le parti socialiste a pour idéal la transformation progressive mais intégrale de la société capitaliste. Il entend libérer le travail de toute exploitation et les citoyens de toute oppression. Le socialisme, c'est l'épanouissement et la réalisation de la République."

Pierre Laval, interview avec Ralph Heinzen pour l'agence américaine United Press, 25 mai 1941 :


"Cette guerre n'est pas une guerre comme les autres ; c'est une révolution d'où doit sortir une Europe rajeunie, réorganisée et prospère. Les libertés ? Elles ne sauraient être menacées dans un pays qui en fut le berceau. La démocratie ? Si c'est celle que nous avons connue, qui nous a fait tant de mal et à laquelle nous devons partiellement notre déchéance, nous n'en voulons plus et nous ne voulons pas qu'on nous demande de nous battre pour elle. Mais une République neuve, plus forte, plus musclée, plus réellement humaine, cette République nous la voulons et nous la construirons. Ceux qui dans mon pays peuvent rêver d'un retour en arrière se trompent. La France ne peut pas et ne veut pas reculer. Avec tous les grands Etats d'Europe, elle devra remplir deux tâches : bâtir la paix d'abord, et ensuite, pour briser le chômage, les misères et les désordres, construire le socialisme."

Pierre Laval, discours radiodiffusé, 20 avril 1942 :

"Au monde du travail, je veux dire qu'il n'a rien à redouter mais tout à espérer du régime qui doit naître. Cette guerre porte en elle les germes d'une véritable révolution.

Aux ouvriers de France, le bolchevisme n'apporterait, comme aux masses du peuple russe, que l'oppression et la misère.

Dans la nouvelle Europe, c'est le socialisme qui s'instaurera partout, tenant compte du caractère et des aspirations nationales de chaque peuple.

Dans la cité nouvelle, le labeur sera mieux protégé, honoré, magnifié. De même, les valeurs spirituelles et morales pourront s'y épanouir."

Pierre Laval, discours radiodiffusé, 22 juin 1942 :

"Cette guerre, je l'ai déjà dit, n'est pas une guerre comme les autres. C'est une révolution d'où doit surgir un monde nouveau. Vous n'avez rien à redouter, mais tout à espérer du régime qui s'instituera chez nous. Une République plus jeune, plus humaine, plus forte, doit naître. Le socialisme s'instaurera partout en Europe, et la forme qu'il trouvera en France sera dessinée par notre caractère national."

Pierre Laval, allocution aux maires du Cantal, 9 novembre 1943 :

"Toute ma vie, vous le savez, vous, a été un apostolat de la paix. J'ai été maire, député, sénateur, ministre souvent ; socialiste, je l'ai été et je le suis resté au plus profond de mon coeur. Le Maréchal a dit un jour qu'il fallait supprimer la condition prolétarienne : comme il a raison ! J'ai été souvent calomnié et injurié et j'ai toujours senti que c'est lorsque j'étais le plus calomnié et le plus injurié que j'accomplissais le mieux mon devoir vis-à-vis de la France. J'ai connu parfois des moments douloureux parce que ceux parmi les classes laborieuses dont j'avais l'estime et l'amitié, on leur arrachait cette estime et cette amitié qu'ils avaient pour moi parce que je ne servais pas les desseins de ceux qui leur mentaient tous les jours, de ceux qui les trompaient et qui, après les voir désarmés, les menaient tout droit à la guerre."

Eric Conan, "La vraie vie de René Bousquet", L'Express, 28 septembre 1990 :

"Malgré ces polémiques, sa proximité politique et affective avec Laval durera jusqu'au bout : après la Libération, c'est lui [Bousquet] qui rédige, à Fresnes, les notes dont celui-ci avait besoin pour la préparation de son procès et qui passe auprès de lui une partie de la nuit précédant son exécution. Il ne le reniera jamais, continuant même à écrire, dans les années 50, que son maître était, en réalité, animé par « une sorte d'exaltation vers le progrès humain qui allait très loin, dans sa jeunesse, enfoncer ses racines aux sources d'un socialisme dont il n'avait abandonné que l'expression partisane et strictement politique »."