samedi 28 juillet 2012

Philippe Pétain, coqueluche des gauches

Pierre Cot, "Que fera l'armée ?", Vu, 30 novembre 1935 :

"M. Albert Lebrun connaît sans aucun doute son droit constitutionnel. Il peut nommer non seulement le Président du Conseil, mais chaque ministre. J'ai déjà noté qu'il avait aussi le droit de révocation. Rien ne l'empêcherait donc de confier à un homme pris en dehors des luttes politiques le soin d'assurer l'ordre pendant la durée de la crise. Tout le monde applaudirait. (...) Mais un tel homme existe-t-il ? Son choix est délicat. Il faut que son courage, sa probité intellectuelle, sa droiture soient indiscutables et indiscutés. Il faut que nul ne puisse le soupçonner de vouloir faire une opération personnelle. Il faut qu'un des traits dominants de son caractère soit le loyalisme. L'homme existe, c'est le maréchal Pétain. C'est lui le véritable chef moral de l'armée. Il n'est pas un ancien combattant qui ne lui garde une reconnaissance émise moins peut-être parce qu'il fut le plus grand chef de la guerre que parce qu'il fut le plus humain et le plus près de notre misère. Avec lui, aucun trouble à craindre. Un mot aux anciens combattants, un geste d'énergie, et l'ordre est assuré et le calme renaît. (...) Il ne s'agit pas de lui confier le Gouvernement ou la France ; il s'agit de faire régner l'ordre. (...) Certains trouveront mon idée étrange ou dangereuse ; je pense être approuvé par tous ceux qui ont vu cette chose étonnante : le regard du maréchal Pétain."

Léon Blum, Le Populaire, 3 mars 1939 :

"C'est aller vraiment trop loin dans l'empressement, dans la surenchère, dans la flatterie. Un tel ambassadeur [Pétain] juche tout de même trop haut l'apprenti dictateur auprès de qui on l'accrédite. Le plus noble, le plus humain de nos chefs militaires n'est pas à sa place auprès du général Franco quand hier encore les divisions chocs italiennes défilaient en tête de la parade de Barcelone, quand on doit redouter pour demain, dans toute l'Espagne conquise, la plus atroce répression. (...) Pourquoi le chef du gouvernement a-t-il éprouvé le besoin d'envoyer au général Franco ce qu'il y a de mieux, l'homme qui, par son passé, son caractère, le respect général qu'il inspire, a la chance d'exercer sur lui le plus d'ascendant ?"

Edouard Herriot, déclaration lors d'une séance parlementaire à Vichy, 9 juillet 1940 :

"Autour de M. le Maréchal Pétain, dans la vénération que son nom inspire à tous, notre nation s'est groupée en sa détresse. Prenons garde de ne pas troubler l'accord qui s'est établi sous son autorité. Nous aurons à nous réformer, à rendre plus austère une République que nous avions faite trop facile, mais dont les principes gardent toute leur vertu. Nous avons à refaire la France. Le destin de cette oeuvre dépend de l'exemple de sagesse que nous allons donner. Notre grand pays, notre cher pays renaîtra : Messieurs, vive la France !"