dimanche 1 juillet 2012

Gustave Hervé : de l'antipatriotisme internationaliste au patriotisme philosémite et pro-sioniste

La muraille, Paris, Bibliothèque des ouvrages documentaires, 1916, p. 46 :

"Longtemps j'ai considéré comme une chimère le rêve de ces Juifs sionistes qui réclament qu'on leur rende la terre de leurs ancêtres. Des colonies juives se fondaient ça et là, en Palestine, colonies modèles où les Juifs montraient qu'après deux mille ans de vie urbaine, ils n'avaient rien perdu des qualités de leurs aïeux, les paysans de Judée et de Galilée. Mais comment espérer jamais que la Palestine pût ressusciter sous la botte turque ? Mais voici que la Turquie se suicide ; voici que l'Europe va s'adjuger les territoires où les conquérants turcs, en six siècles de domination, n'ont pas réussi à fonder une vraie nation, en se fondant avec les indigènes ; voici que la Palestine va sans doute tomber dans le lot de la France républicaine.

La France de la Révolution a rendu aux Juifs français la dignité humaine. Aujourd'hui, il faut qu'elle fasse plus encore : il faut qu'elle ressuscite la nation juive. Il faut qu'à sa voix tous les juifs de Russie, de Roumanie, de Pologne, d'Asie-Mineure, tous les juifs qui ont conservé une conscience nationale juive, aillent occuper, à la paix, la terre de leurs ancêtres !"

"Casse-cou ! Chancelier Hitler !", La Victoire, 31 mars 1933 :

"Adolf Hitler, à quelles catastrophes, malgré vos bonnes intentions, votre inexpérience politique et votre fureur antisémite conduisent-elles la patrie allemande que vous avez si bien sauvée de la gangrène marxiste ?"

"L'immonde antisémitisme !", La Victoire, 13-14 novembre 1938 :

"Vous représentez-vous ces pauvres gens qui subissent depuis cinq ans toutes les avanies, toutes les brimades, toutes les humiliations, toutes les vexations, toutes les iniquités quand, réveillés la nuit en sursaut, ils assistèrent, impuissants et terrorisés, au sac de leurs boutiques ! (...) En ce jour affreux pour les Juifs de toute la terre, combien nous sommes de cœur, en particulier, avec nos compatriotes israélites. Ils étaient mêlés avec tous les autres Français dans les tranchées, il y a vingt ans, payant de leur part de sacrifices la joie et l'honneur d'être des citoyens français. (...) Comme, en des heures comme celles-ci, on regrette de n'être pas juif, pour souffrir avec eux et partager leurs peines ! (...) Honte au peuple allemand d'avoir laissé l'antisémitisme, cette lèpre, empoisonner son esprit et son cœur ! (...) Honte à Hitler et au gouvernement naziste d'avoir organisé et couvert ces ignobles représailles pour le crime d'un gamin de 17 ans, dont la persécution, la misère et l'exil avaient détraqué les nerfs et la cervelle ! (...) Et nous, ici, qui à deux reprises, une première fois avant 1914, une deuxième fois il y a dix ans, prêchions la réconciliation avec la grande nation germanique, avec ce grand foyer de civilisation, en lui accordant quand elle était par terre, après sa défaite, la révision honorable du traité de Versailles, et jusqu'à la restitution de ses colonies ! Il est beau le foyer de "la Kultur"."