mardi 12 juin 2012

Robert Jospin, père de Lionel

Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, 2008, p. 305-306 :

"(...) Edwy Plenel signale les lacunes de la biographie de Robert Jospin, père de Lionel Jospin, telle qu'elle est publiée dans le Maitron. Le texte consacre cinq lignes à Robert Jospin pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fait candidement ressortir que « des responsabilités familiales l'obligèrent à une certaine prudence ». Il ajoute que « par son foyer et ses relations, il aida de nombreux résistants et c'est ainsi qu'en 1942, il subit une perquisition suivie d'une courte arrestation, sans suite ». Plenel fait observer, à juste titre, que la « vérité vraie » est sensiblement différente, puisque Robert Jospin, pacifiste intégral, munichois, était proche de Marcel Déat, et qu'il fut nommé, par les autorités préfectorales vichyssoises, au conseil municipal de Meudon en avril 1944. Des sources complémentaires l'associent à deux structures collaboratrices de gauche, la Ligue pour la pensée française, et le journal Germinal. Exclu de la SFIO à la Libération, en raison de son attitude sous l'Occupation, Robert Jospin n'y sera réintégré qu'en 1955."