samedi 9 juin 2012

Le sionisme de la droite gaulliste historique

Charles de Gaulle :

"Envers Israël, nous ressentons de l'admiration, de l'affection et de la confiance. (...) Vous, monsieur Ben Gourion, symbolisez en votre personne la merveilleuse résurrection, la renaissance, la fierté et la prospérité d'Israël. A mes yeux, vous êtes le plus grand homme d'Etat de ce siècle." (toast en l'honneur de David Ben Gourion lors de sa visite en France, 13 juin 1960)

"Nous tenons à vous assurer de notre solidarité, de notre amitié, et je lève mon verre à Israël, notre ami et notre allié." (déclaration à David Ben Gourion lors de sa visite en France, 6 juin 1961)

"Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l'Etat d'Israël était un fait accompli et que nous n'admettrions pas qu'il fût détruit. De sorte qu'on pouvait imaginer qu'un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu'une paix fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu'aucun drame nouveau ne vînt la déchirer." (conférence de presse, 27 novembre 1967)

Michel Debré, résistant, sénateur RPF (1948-1958), garde des Sceaux (1958), Premier ministre (1959-1962), ministre de l'Economie et des Finances (1966-1968), ministre des Affaires étrangères (1968-1969), ministre de la Défense (1969-1973) :

"Nasser est un dictateur (...). Ses théories sont le racisme et l'impérialisme (...). Ses objectifs sont à la mesure de ses théories : écraser Israël, chasser la France d'Afrique. Ses moyens correspondent également aux théories : la force et la fourberie (...). L'élimination de Nasser est une oeuvre d'intérêt public (...)." (Carrefour, 14 novembre 1956)

"L'Etat d'Israël, né d'une révolte et d'un espoir, a justifié, par l'acharnement de ses citoyens, la confiance de ceux qui l'avaient créé. Il est aujourd'hui, et presque malgré lui, à l'avant-garde du combat, qui est le combat éternel de la Liberté. Parce qu'un immense mouvement anime, en faisant appel aux plus bas instincts et aux haines les plus barbares, une part de plus en plus grande du monde oriental ; parce que les combinaisons diplomatiques de grandes et lointaines puissances montrent de coupables indulgences et un criminel aveuglement à l'égard du danger que fait courir ce mouvement ; parce que l'Etat d'Israël est une citadelle avancée, dont l'existence pacifique et laborieuse, dont l'esprit, l'ardeur et la jeunesse sont un reproche vivant aux obscurantismes et aux violences. (...)

Imaginons un seul instant qu'aboutisse le complot sans cesse recommencé par ceux qui, dans le monde arabe, cherchent à rallumer l'esprit de Hitler : c'est la civilisation qui reçoit un coup d'une violence inouïe, c'est la Méditerranée, l'Europe, l'Occident, la chrétienté qui sont atteints, non seulement dans leurs intérêts, mais dans leur idéal, dans leur raison d'exister, dans leur raison de vivre et de croire. La lutte qui est imposée à Israël, sachons qu'elle nous est imposée aussi et que si nous voulons répondre sans haine, avec le seul souci de mieux faire comprendre à nos adversaires ce qu'est la Liberté et ce qu'est la vraie grandeur politique, c'est en soutenant Israël que nous devons le faire, c'est en soutenant Israël que nous devons réussir." (dédicace pour Regards sur l'Alliance France-Israël, Paris, Service d'Etudes & Liaisons, d'Information & de Propagande, 1958, p. 21)

"Depuis l'embargo, on a continué de livrer des armes à Israël, et il n'y a jamais eu d'embargo sur l'envoi des pièces détachées concernant les Mirage de l'aviation israélienne." (déclaration devant la Commission de la défense nationale à l'Assemblée nationale, 21 janvier 1970)

Raymond Triboulet, résistant, membre du Comité consultatif constitutionnel (1958), président du groupe d'amitié France-Israël (1956) et du groupe UDR (1973) à l'Assemblée nationale :

"Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'Etat, mes chers collègues, je ne suis pas certain qu'un débat public devant l'Assemblée nationale puisse être la meilleure procédure dans un domaine de diplomatie pratique comme celui de l'embargo sur les armes ; et si la question devait être posée sur le plan des principes, il est bien certain qu'un débat de ce genre, venant un vendredi, nous paraitrait fort insuffisant, si bien qu'on peut juger qu'un tel débat est soit trop, soit trop peu important.

Néanmoins, puisque la question a été soulevée, je dirai que ce qui en fait le caractère très particulier, c'est que nos relations avec Israël soulèvent pour le moment bien moins des problèmes d'intérêt matériel que des problèmes moraux, si je puis dire, et mettent en jeu à travers le pays de très grands sentiments. Le peuple français éprouve à l'égard des peuples arabes des sentiments amicaux qui datent de longtemps. Si ces sentiments ont pu paraitre altérés quelquefois par des gestes d'hostilité ou inamicaux de la part de certains d'entre eux, il reste que pour l'ensemble des peuples arabes nous n'avons que des sentiments de très vieille amitié.

A l'égard d'Israël, les Français se souviennent que leurs relations sont nées dans la résistance à l'oppresseur nazi, ce qui a créé entre les deux peuples un lien indestructible. J'ajoute que jamais le peuple israélien n'a manifesté à notre égard la moindre hostilité, en quelque situation que ce fût : la fidélité de l'amitié qu'il porte à la France est exemplaire.

Aussi, monsieur le secrétaire d'Etat, s'il est pour le Gouvernement de la France un principe de politique extérieure qui doive s'appliquer à une telle situation, c'est bien celui de la non-ingérence, que le général de Gaulle prône dans le monde d'aujourd'hui ; la non-ingérence en cette affaire signifiant, comme vous l'avez rappelé, l'absence d'ostracisme à l'égard des Arabes comme à l'égard d'Israël ou, en d'autres termes, une sorte de neutralité, d'impartialité, une égalité de traitement. Si donc il doit y avoir embargo, celui-ci doit être réciproque.

Sur une telle politique, il semble que le Gouvernement et l'Assemblée soient d'accord." (intervention à l'Assemblée nationale, 17 mai 1968)

Pierre de Bénouville, résistant, membre du conseil de direction du RPF (1949), président du groupe d'amitié France-Israël (1973) à l'Assemblée nationale :

"J'assure de ma profonde solidarité toute action pour maintenir Jérusalem enfin unifiée." (Perspectives France-Israël, n° 38, juin 1972)

Alexandre Sanguinetti, combattant de l'Armée d'Afrique, chargé de mission au ministère de l'Intérieur (1961-1962), député UNR-UDT (1962-1966), ministre des Anciens combattants et victimes de guerre (1966-1967), député UDR (1968-1973) :

"Je constate que les seuls Mirage qui combattent bien sont les Mirage israéliens. Il n'y en a pas d'autres dans le ciel. (...) Et, en tant que président de la commission de la Défense nationale, je puis vous assurer que la somme des pièces détachées que nous envoyons à Israël lui permettait de reconstituer intégralement ses Mirage." (cité dans Le Monde, 16 octobre 1973)

"Israël résiste au terrorisme palestinien et gauchiste. Il faudrait bien autre chose pour l'abattre ; de l'ampleur d'une guerre mondiale, et encore, renaîtrait-il de ses cendres, parce que le peuple juif est indestructible. Il a su vivre deux mille ans sans patrie." (Lettre ouverte à mes compatriotes corses, Paris, Albin Michel, 1980, p. 202)

André Malraux, résistant, organisateur de la propagande du RPF (1947-1953), ministre des Affaires culturelles (1959-1969) :

"Le problème d’Israël ne s’est jamais trouvé dans mes attributions. Il n’a jamais été réellement discuté en Conseil des ministres. J’aurais été bien plus pro-israélien que le général de Gaulle, mais je n’étais pas contre son désir d’établir de bons rapports avec les Arabes pour une médiation possible. Ma position pour Israël était évidente mais elle n’était pas anti-arabe..." (entretien avec Olivier Todd pour Le Nouvel Observateur, 3 novembre 1975)