mercredi 4 avril 2012

Hoca İshak Efendi et l'Ecole de génie de l'Empire ottoman



Bernard Lewis, Comment l'Islam a découvert l'Europe, Paris, La Découverte, 1984, p. 244-245 :

"Ce que Şanizade fit pour la médecine, Hodja Ishak Efendi (mort en 1834) le fit pour les mathématiques et la physique. Né en Grèce d'une famille juive, Ishak Efendi se convertit à un moment de sa vie à l'islam et fut nommé professeur à l'Ecole de génie où il finit par devenir instructeur en chef. On dit qu'il connaissait le français, le latin, le grec et l'hébreu ainsi que le turc et les deux langues islamiques classiques, le persan et l'arabe. On lui doit un certain nombre d'ouvrages, des traductions pour la plupart. Le plus important est un abrégé en quatre volumes des sciences mathématiques et physiques qui, pour la première fois, donna à l'étudiant turc un aperçu de ces sciences telles qu'on les pratiquait et les comprenait en Occident. Comme Şanizade, Ishak Efendi dut inventer un vocabulaire, et c'est à ces deux hommes qu'on doit la plupart des mots scientifiques utilisés en Turquie au XIXe siècle et même jusqu'au réformes linguistiques entreprises sous la République. De même que les écrivains européens puisaient dans le fonds latin et grec, les érudits ottomans de l'époque, pour créer de nouveaux termes, avaient l'habitude de s'inspirer de l'arabe et, dans une moindre mesure, du persan, et certains mots de ce nouveau vocabulaire sont encore en usage dans les pays arabes. Les autres écrits de Hodja Ishak Efendi traitent essentiellement des sciences et du génie militaires."