vendredi 13 octobre 2017

L'engagement de certains Juifs d'Izmir dans l'armée de Benito Mussolini

Henri Nahum, Juifs de Smyrne, XIXe-XXe siècle, Paris, Aubier, 1997, p. 148 :

"(...) en 1941, un groupe de jeunes Juifs de Smyrne, de nationalité italienne, s'engageront comme volontaires dans l'armée italienne, combattront en Libye aux côtés des troupes de Rommel ; certains d'entre eux seront tués, d'autres seront faits prisonniers par les Anglais."

lundi 9 octobre 2017

Les socialistes français et le régime castriste

François Mitterrand, cité par Le Monde, 23 octobre 1974 :

"Un homme modeste [Castro], désireux d'être compris, ouvert, généreux, à la recherche d'une éthique nouvelle."

Jack Lang, intervention à la Conférence mondiale des ministres de la Culture, Mexico, 27 juillet 1982 :

"Cuba est un pays courageux, qui construit une nouvelle société. Son socialisme n'est pas le nôtre, nous le respectons. Et penser qu'on continue encore aujourd'hui à contester le droit de ce pays à vivre, et à vivre librement en choisissant son régime politique. Nous ne pouvons pas l'admettre."

lundi 3 juillet 2017

Le national-socialisme est un socialisme

François-Georges Dreyfus, entretien à Magazine Hebdo, 20 avril 1984, p. 72 :

"(...) si les premiers fondateurs du NSDAP ne sont pas des marxistes, ils viennent quand même de la classe ouvrière. On aurait sans doute d'ailleurs intérêt à mieux connaître le Comité libre pour la classe ouvrière fondé à Brême par un certain Wahl. Les militants proviennent vraisemblablement des syndicats et des milieux révisionnistes du SPD qui approuvent l'impérialisme, car « le prolétariat a, lui aussi, intérêt à l'expansion de la Nation ». Ce même SPD défend un certain nationalisme et la militarisation, critique l'antipatriotisme de Hervé et préconise le colonialisme. D'ailleurs, ce néo-nationalisme socialiste est stigmatisé par Charles Andler (auteur, entre autres, d'une monumentale biographie de Nietzsche) dans une série d'articles contre Jaurès, repris en livre sous le titre le Socialisme impérialiste. Il existe ainsi, bien avant 1914, dans la classe ouvrière allemande, et favorisée par une partie du SPD, une forte tendance nationaliste ; au moment même, rappelle Sternhell, où se désintègre la notion de classe, le sentiment national émerge comme la force dominante de l'histoire de la Nation, incarne toujours les valeurs fondamentales de la société. L'évolution du SPD avant 1914 explique le comportement d'hommes issus du prolétariat comme Wahl à Brême, Drexler à Munich ; Drexler y fonde le Deutsche Arbeiter Partei, DAP. En mai 1919, Drexler accuse « la social-démocratie d'avoir abusé d'une façon inouïe de l'idée du socialisme ».

En raison des données mêmes de l'histoire allemande, histoire d'une nation divisée et unifiée seulement en 1871, le sentiment national a toujours tenu une large place dans le mouvement de l'opinion publique, y compris chez les socialistes. D'autre part, la défaite, et surtout le traité de Versailles, œuvre d'un monde occidental libéral et capitaliste, a amené l'Allemagne à se rapprocher du monde soviétique. Cette donnée, à la fois diplomatique et idéologique, ne doit pas être perdue de vue, car elle explique le comportement de nombreux nationalistes allemands qui s'opposent à l'Occident et souhaitent le rapprochement avec l'URSS. Ils constituent même un groupe de pensée que l'on appelle généralement le national-bolchevisme. On a souvent dit et écrit que l'inspiration socialiste des vingt-cinq points du programme nazi, rédigé en 1920, n'était que démagogie. Rien n'est moins sûr quand on sait la date de la rédaction (février 1920) et de la confirmation (mai 1926). Le NSDAP d'alors est encore un parti ouvrier et s'il change de dénomination, c'est pour se distinguer nettement des partis ouvriers d'inspiration marxiste. Ces tendances socialistes se renforceront fortement entre 1922 et 1926, sous l'influence des frères Strasser qui implanteront le nazisme, à ses débuts essentiellement bavarois, dans toute l'Allemagne du Nord, avec l'appui, jusqu'au printemps 1926, de Goebbels. Otto Strasser vient du SPD et Goebbels semble avoir eu des liens avec le KPD. En janvier 1926, les nazis du Nord approuvent à Hanovre un programme socialiste révolutionnaire qui propose une réforme agraire, avec la redistribution des terres, la nationalisation des grandes entreprises, la participation ouvrière à la gestion des sociétés permettant l'intégration du prolétariat dans la Nation, et l'instauration d'une culture d'Etat. Durant toute cette période, Goebbels invite au soutien à la Russie, « véritablement nationaliste et socialiste », affirme que le marxisme a falsifié le socialisme et proclame, le 19 janvier 1926, dans un grand discours à Koenigsberg, que seule l'alliance des nazis et des communistes permettrait d'aboutir à « la résolution de la question sociale » et à « la mise en place d'un socialisme de possession et de gestion des biens »."

"Le socialisme allemand a eu deux caractères : un aspect révolutionnaire profondément dominé par le marxisme et un aspect national qui récuse largement la notion de lutte des classes pour promouvoir une conception tout à fait différente : l'intégration de la classe ouvrière dans le système social allemand. Telle a été la vision de Lassalle, poursuivie après lui par les socialistes de la Chaire, puis par les révisionnistes, tels Bernstein, Naumann. C'est ainsi que les socialistes révisionnistes inspireront fortement le national-socialisme dont on a pu dire que son principal mentor en matière sociale avait été Lassalle qui, dès 1859, avait engagé les socialistes allemands dans la voie nationaliste et s'alliait, en 1862, contre les libéraux avec le nouveau président du Conseil prussien, Bismarck. Ce socialisme révisionniste, peu à peu démarxisé et devenu même antimarxiste, explique d'ailleurs la forte participation de la classe ouvrière au national-socialisme, bien avant la prise du pouvoir."

vendredi 16 juin 2017

Les Sépharades vus par Napoléon Ier et Atatürk



Napoléon Ier, "décret infâme", 17 mars 1808 :

"Art. 18. Les dispositions contenues au présent décret auront leur exécution pendant dix ans, espérant qu'à l'expiration de ce délai, et par l'effet des diverses mesures prises à l'égard des juifs, il n'y aura plus aucune différence entre eux et les autres citoyens de notre Empire ; sauf néanmoins, si notre espérance était trompée, à en proroger l'exécution pour tel temps qu'il sera jugé convenable.

Art. 19. Les juifs établis à Bordeaux et dans les départements de la Gironde et des Landes, n'ayant donné lieu à aucune plainte, et ne se livrant pas à un trafic illicite, ne sont pas compris dans les dispositions du présent décret."

Mustafa Kemal, déclaration à Rafael Amato, reproduite dans Le Levant (Izmir), 3 février 1923 :

"Nous avons quelques éléments fidèles, qui ont uni leurs sorts à celui de l'élément dominant, qui est le peuple turc. Les Juifs, surtout, ayant prouvé leur fidélité à cette nation et à cette patrie, ont mené jusqu'ici, une vie confortable et vivront dans l'avenir, dans le confort et le bonheur."

dimanche 4 juin 2017

La noblesse des Sépharades de l'espace ottoman



Houston Stewart Chamberlain, La Genèse du XIXe siècle, Paris, Librairie Payot & Cie, 1913, p. 370-374 :

"Considérons, par exemple, en opposition à la race anglo-saxonne qui est nouvelle et que nous voyons se fixer, les SEFARDIM ou, comme on dit couramment, les « Juifs espagnols » : nous apprendrons par eux comment une race fixée peut, en persévérant dans sa pureté, se maintenir noble durant des centaines et des milliers d'années, mais aussi combien il est nécessaire de distinguer dans un peuple entre les produits de culture noble et les autres. En Angleterre, en Hollande et en Italie, il existe encore d'authentiques Sefardim, mais en petit nombre, car ils ne peuvent presque plus éviter le mélange avec les Askenazim, ou « Juifs allemands » : ainsi les Montefiore de la génération actuelle ont tous épousé des représentantes de ce dernier groupe. C'est dans l'Europe orientale, où les Sefardim non adultérés fuient le contact des autres Juifs et marquent une horreur presque comique pour les Askenazim, qu'il faut les étudier : quiconque a eu l'occasion de le faire me comprendra, si j'affirme qu'au spectacle de ces hommes m'est devenue pour la première fois intelligible la signification du judaïsme dans l'histoire du monde. Voilà de la noblesse au plein sens du mot, voilà l'authentique noblesse de race ! Belles statures, nobles têtes, dignité parfaite dans le discours et dans le maintien. Le type est « sémitique » — dans l'acception que nous donnons à ce terme en l'appliquant à certains Arabes ou Syriens de la catégorie la plus élevée. Un coup d'œil, et j'avais compris que du milieu de telles gens eussent pu surgir des prophètes et des psalmistes, chose qui, je l'avoue, ne m'avait jamais réussi à l'examen, pourtant attentif, de centaines de « Bochers » qu'on rencontre à Berlin le long de la Friedrichstrasse. (...) Et j'ajouterai : si quelqu'un désire connaître, par le témoignage de ses yeux, ce qu'est une race noble et ce qui n'en est pas une, qu'il fasse venir de Salonique ou de Sarajevo le plus pauvre des Sefardim (ces gens possèdent rarement de grandes richesses, car ils sont d'une honnêteté scrupuleuse) et qu'il le confronte avec un baron Rotschild ou un baron Hirsch de son choix : il apercevra aussitôt la différence entre la noblesse que confère la race et celle qu'octroie un monarque 2). (...)

2) Les Goths, qui plus tard passèrent en masse à l'islamisme dont ils furent les plus nobles et les plus fanatiques champions, avaient auparavant adopté en grand nombre le judaïsme ; un spécialiste en la matière, professeur à l'université de Vienne, m'assure que la supériorité morale et intellectuelle, autant que physique, des Juifs dits « espagnols » et « portugais », s'expliquerait par ce riche appoint de sang germanique plus encore que par cette discipline raciale dont j'ai parlé et dont il ne méconnaît point au reste la considérable importance. Je suis incompétent pour décider si cette opinion est justifiée."

lundi 17 avril 2017

Les Juifs d'Anatolie ont eu beaucoup à souffrir des Arméniens

"Les pogroms juifs en Arménie

Le Neue Haint de Varsovie apprend :

Un groupe important de réfugiés juifs d'Arménie vient d'arriver à Bombay (Indes). Ils racontent que les Juifs ont beaucoup à souffrir des Arméniens. Ce groupe comprend 112 Juifs arméniens et 85 juifs persans. La plupart d'entre eux sont des commerçants. Ils étaient sujets turcs et vivaient en Anatolie et dans les provinces voisines ; il y a quelques mois, les bolcheviks arrivèrent en Anatolie et chassèrent les Turcs. En partant, les bolcheviks confièrent l'administration à leurs alliés arméniens. La première chose que firent ces derniers fut d'organiser un effroyable pogrom au cours duquel il y eut des centaines de victimes. Des familles entières furent exterminées. Les Juifs qui ont pu se sauver, ont perdu toute leur fortune."

Source : La Tribune juive, 2e année, n° 57, 28 janvier 1921, p. 8.

L'antisémitisme des Arméniens de Roumanie

"Les Juifs de Roumanie", La Tribune juive, 2e année, n° 60, 18 février 1921, p. 4 :

"Du reste les gouvernants de l'Etat Roumain, c'est-à-dire quelques milliers de personnes formant l'oligarchie agrarienne avec leurs auxiliaires électoraux, — avocats, professeurs, fonctionnaires et commerçants — ont-ils jamais accordé des droits au peuple, de leur propre gré, et sans la pression étrangère ? Non. Les Arméniens, nombreux en Roumanie, ont obtenu leur droit de cité par la Convention de Paris (à la suite d'un mémoire qu'ils ont présenté aux Puissances), ainsi que les étrangers de rite chrétien. Même les paysans n'ont vu abolir leur servage que grâce à l'intervention étrangère. Et personne ne leur en veut, ne les accuse de manque de patriotisme, et les Arméniens occupent aujourd'hui les plus hautes fonctions dans l'Etat, et — chose étrange — fournissent le plus fort contingent à l'antisémitisme."

vendredi 14 avril 2017

Les relations du parti Dachnak (racistes-aryanistes arméniens) avec la SFIO et l'IOS

Mikaël Varandian (représentant de la FRA-Dachnak auprès de la IIe Internationale), L'Arménie et la question arménienne, Laval, G. Kavanagh & Cie, 1917 :

"De toute façon, le peuple arménien est une branche de la race indo-européenne, de la grande famille Aryenne. La langue arménienne est cousine germaine du Zend, du grec, du latin." (p. 14-15)

"Le contraste est absolu entre l'élément arménien et son milieu ethnographique. Un petit fragment de race indo-européenne, placé entre des peuplades primitives et nomades appartenant à la race touranienne et professant une religion toute différente :

De là la grande tragédie de l'histoire arménienne. Les envahisseurs turcs, seldjoukides, mongols, osmanlis, se sont successivement établis sur le sol arménien, en hordes guerrières, qui ne savaient manier que l'épée et le cheval ; ils ont campé durant des siècles en Arménie, comme des corps étrangers, incapables de produire, d'assimiler et de gouverner, uniquement fort dans l'art de consommer, d'asservir et de détruire.

Le plus frappant exemple de cette mentalité de toute une race nous est donné par les Turcs ottomans, qui furent maîtres de la plus grande partie de l'Arménie pendant six siècles.

N'ont-ils pas été dès le début réfractaires à toute culture, ne sont-ils pas malheureusement restés depuis cinq siècles, campés sur le vaste territoire, comme un parasite gigantesque, vivant de l'exploitation des peuples assujettis ? N'ont-ils pas détruit, paralysé les modestes cultures grecque, arménienne, slave, sous le poids de leur militarisme, orgueilleux et paresseux ?" (p. 23-24)

Haïrenik Weekly (organe de la branche américaine du Dachnak), 10 mai 1935 :

"Les Arméniens ont aidé les Roumains à ne pas devenir les esclaves des Juifs [lors du pogrom meurtrier de Bucarest]."

Haïrenik, 19 août 1936 :

"Il est parfois difficile d'éradiquer ces éléments nocifs [les Juifs], quand ils ont contaminé jusqu'à la racine, telle une maladie chronique, et quand il devient nécessaire pour un peuple [les Allemands] de les éliminer par une méthode peu commune, ces tentatives sont considérées comme révolutionnaires. Au cours d’une telle opération chirurgicale, il est naturel que le sang coule. Dans de telles conditions, un dictateur apparaît comme un sauveur."

Haïrenik, 21 août 1936 :

"De même que les Britanniques utilisent des navires de guerre pour envahir des pays, les Juifs utilisent l'internationalisme ou le communisme comme des armes."

Haïrenik, 17 septembre 1936 :

"Et vint Adolf Hitler, après des combats dignes d'Hercule. Il parla de la race au cœur vibrant des Allemands, faisant ainsi jaillir la fontaine du génie national."

Haïrenik Weekly, 25 septembre 1936 :

"Et il n'y a pas de quoi être fier du type de Juif importé en Palestine. Leurs mœurs, et d'autres vices qui étaient inconnus des Arabes avant la Déclaration de Balfour, leur place au sommet de toutes les activités communistes, ont été la cause de la plupart des critiques arabes."

"La révolte des Kurdes", Le Populaire (organe de la SFIO), 31 août 1930 :

"Sur la base d'un rapport écrit du parti arménien affilié à l'I.O.S. [Internationale ouvrière socialiste] et après avoir entendu les explications orales d'Isahakian (Arménie), l'Exécutif adopta une résolution sur la question kurde protestant contre l'extermination des Kurdes par les Turcs, mais aussi contre le silence indifférent des gouvernements capitalistes en face de ces crimes."

"Une manifestation commémorative à la mémoire de Mikaelian Varandian", Le Populaire, 11 juillet 1934 :

"Tous les vieux habitués des congrès socialistes internationaux, tous les membres des organismes centraux de notre Internationale Socialiste avant, pendant et depuis la guerre ont conservé le souvenir de notre camarade Arménien Varandian Mikaelian. Sa mort récente — le 26 avril dernier, à Marseille — a été cruellement ressentie par ses camarades de l'organisation révolutionnaire arménienne, le « Dashnakzoutian », dont il a été pendant près d'un demi-siècle l'âme vivante et combattante, le serviteur dévoué et vigilant.

En son honneur, une célébration commémorative très émouvante a été organisée la semaine passée à la Société de Géographie, dont le hall était rempli par une foule émue et recueillie.

Le citoyen Hamo Ohandjanian, ancien président du conseil de la République arménienne (jusqu'à l'invasion bolchevik de 1922) présidait. Le camarade Chavarch Missakian, rédacteur en chef du quotidien socialiste arménien de Paris, le Haratch, rappela en termes éloquents la carrière de celui dont on célébrait la vie et dont l'existence, depuis qu'il avait l'âge d'homme, s'est confondue avec celle du parti révolutionnaire arménien lui-même. Un autre camarade arménien, le citoyen Sassouni décrit le rôle de Varandian comme littérateur, historien, polémiste, théoricien et dirigeant de son parti, comme aussi son activité au sein de l'Internationale Socialiste — à laquelle le « Dachnakzoutioun » adhérait dès 1907 — au lendemain de la première révolution russe qui avait fortement fait sentir son influence.

Toute une série de camarades d'autres sections de l'Internationale vinrent à tour de rôle rendre hommage au disparu et assurer leurs camarades arméniens de l'entière solidarité de l'Internationale Ouvrière Socialiste.

Ce fut d'abord Soukhomline qui, au nom du Parti S.R. russe, évoqua les similitudes de conceptions théorique et de tactique existant entre son parti et le « Dachnakzoutioun ».

Ce fut ensuite Jean Longuet qui, au nom de la C.A.P. de la S.F.I.O., salua la mémoire de « Mikaelian Joanissian » — c'est sous ce nom qu'il avait connu son vieil ami Varandian. Dès 1902, à Pro Armenia, à la fondation duquel il participait, et qu'honoraient les grands noms de Jaurès, Francis de Pressensé, Anatole France, fidèles amis de l'Arménie martyre et que Pierre Quillard avait groupés. Notre camarade rappela, le rôle de Varandian à l'Internationale d'avant-guerre, comme aussi son activité au service de la République Arménienne lorsqu'il avait été son ambassadeur à Rome. (...)

A plusieurs reprises, entre chaque discours, des morceaux de musique d'une grande beauté arménienne avaient été exécutés à la perfection par de jeunes violonistes et violoncellistes. La Marche Funèbre, de Chopin, fut notamment rendue de magistrale façon par ces talentueux jeunes artistes arméniens."

"Le Comité exécutif de l'Internationale Ouvrière Socialiste à Paris : Compte rendu de la session du 13 au 16 novembre", Le Populaire, 19 novembre 1934 :


"L'Exécutif de l'I.O.S a tenu une session à Paris à la Maison de la Mutualité, du 13 au 16 novembre, sous la présidence d'Emile Vandervelde. Pendant l'absence de Vandervelde, qui, en raison des événements politiques en Belgique, a été obligé de rentrer pour quelque temps à Bruxelles et n'a pu assister qu'à la première séance et aux séances finales, c'est Louis de Brouckère qui a assuré la présidence.

Etaient présents : S. Sassouni (Arménie), L. De Brouckère E. Vandervelde (Belgique) ; A. Andersen (Danemark) ; S. Crummenerl, O. Wels (Allemagne) ; Léon Blum, Bracke, J. Longuet (France) ; (...)."

"Les messages de sympathie adressés à Léon Blum", Le Populaire, 20 février 1936 :

"Voici une troisième liste de messages de sympathie que nous avons dépouillés, qui étaient adressés à Léon Blum : (...)

De l'étranger (...)

Parti communiste d'U. S. A. ; Parti révolutionnaire arménien « Dachnakzoutioun » ; Socialistes géorgiens à Paris ; Réfugiés espagnols à Tours (...)."

"On nous l'a tué !", Le Populaire, 20 novembre 1936 :

"Hier encore, durant toute la journée les témoignages de sympathie sont parvenus, innombrables, au siège du Parti, au « Populaire », au gouvernement et à la famille de Roger Salengro.

Aux condoléances attristées qu'exprimaient les télégrammes étalent jointes des protestations indignées contre les calomnies de la « feuille infâme ».

Dans tous était affirmée la volonté de voir cesser de pareilles ignominies et de voir assurer la véritable liberté de la presse. (...)

La Fédération révolutionnaire arménienne

La Fédération révolutionnaire arménienne « Dachnakzoutioun » profondément émue par la mort du vaillant militant Salengro, présente au Parti socialiste ses sincères condoléances — S. Sassouni, délégué à l'exécutif de l'I.O.S."

mercredi 12 avril 2017

La kurdophilie d'Adolf Hitler

Adolf Hitler, propos tenus le 22 janvier 1942, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis sur l'ordre de Martin Bormann, tome I, Paris, Flammarion, 1952, p. 223-224 :

"Les Suisses ne sont qu'un surgeon de l'arbre germanique.

Nous en avons perdu des Germains ! Les Berbères de l'Afrique du Nord, les Kurdes de l'Asie-Mineure. L'un d'eux était Kemal Ataturk, un homme aux yeux bleus, qui n'avait rien de commun, au point de vue de la race, avec ses compatriotes."

Note : contrairement à ce que pensait Hitler, Atatürk n'était pas d'origine kurde, mais était né dans une famille turkmène yörük, originaire de Konya et Karaman (Anatolie centrale), et transplantée à Kocacık en Macédoine.

Racisme, aryanisme et antisémitisme chez les Kurdes du PKK

"Kurden : Wende ins Völkische", Der Spiegel, 21 avril 1997 :

"Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), illégal, sous le leadership de son secrétaire général, Abdullah Öcalan, qui vit en exil en Syrie, s'éloigne de son positionnement d'extrême gauche et a une orientation nationale-socialiste. Les officiels du PKK adoptent un ton raciste en interne. Ils décrivent les Turcs comme une "sous-race de bâtards mongolo-arabes" et ils définissent les Kurdes comme un "peuple de race indo-germanique". Öcalan a retiré le marteau et la faucille comme emblème du parti et les a remplacés par une torche. Dans ses instructions à ses combattants, Öcalan définit le PKK comme un "mouvement national" et non comme un parti communiste. Dans une conversation avec Günter Wallraff, le leader du PKK a même exprimé sa gratitude à l'égard des racistes en Allemagne. Malheureusement, l'arriération de nombreux Kurdes qui ont immigré clandestinement en Allemagne est "un peu sale", et donc "le racisme est justifié". Öcalan : "Je pense également que la droite a raison. Je ne pense pas comme un social-démocrate sur ce point." Wallraff cite des amis kurdes qui disent : "Mieux vaut qu'il n'y ait pas de Kurdistan indépendant si c'est pour avoir la suprématie du PKK.""

Arnaud Leparmentier et Georges Marion, "Les pays européens redoutent une vague de violence kurde", Le Monde, 19 février 1999 :

"Mercredi 17 février : les services de sécurité du consulat d'Israël à Berlin ont ouvert le feu sur des manifestants kurdes qui avaient pénétré dans le bâtiment. Bilan : 3 morts. Selon le préfet de police berlinois, Hagen Saberschinsky, seuls trois policiers allemands étaient, comme d'habitude, alors stationnés devant le consulat. Ces policiers de faction sont aidés par deux patrouilles dans les environs. Lorsque, à 13 h 30, la police a été informée de l'intention des manifestants kurdes d'envahir le consulat, ils n'ont dépêché sur place qu'une trentaine d'hommes. Ceux-ci ont été accueillis par 50 à 100 Kurdes armés de barres de fer et de gourdins, qui ont frappé les policiers censés les empêcher de s'approcher du bâtiment, avec « une très grande violence », selon M. Saberschinsky. Vingt-sept policiers ont été blessés.

Au même moment, un groupe de Kurdes fait irruption dans le consulat israélien. Il semble qu'un des manifestants ait subtilisé l'arme d'un officier de sécurité israélien et menacé deux autres gardes. Ceux-ci auraient riposté, tuant 3 personnes et en blessant au moins 16 autres, dont une très grièvement, vers 13 h 45. Neuf assaillants ont alors pris une employée en otage. Ils ont négocié très rapidement avec les policiers allemands pour sortir de la représentation israélienne.

Dans l'après-midi, à Tel-Aviv, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a expliqué pourquoi les gardes du consulat avaient tiré : « Les manifestants ont tenté de prendre une de nos employées en otage (...) et les consignes que reçoivent nos agents de sécurité sont d'empêcher par la force, y compris en faisant usage de leurs armes, toute tentative de prendre des otages ». Il a répété qu'Israël continuerait à défendre ses citoyens et ses locaux partout dans le monde et que son pays n'avait rien à voir avec l'enlèvement d'Abdullah Öcalan (même s'il collaborait avec la Turquie dans la lutte contre le terrorisme). Plus tard dans la journée, le porte-parole des affaires étrangères, devait préciser que l'entremise de la police allemande avait permis la libération de l'otage.

Il semble toutefois que les services israéliens ait complètement sous-estimé les risques d'attentats contre leurs ambassades et consulats en Europe. Ces questions seront au coeur de l'enquête officielle qui va être menée sur ces événements. Désormais, la peur des autorités est qu'Israël soit entraîné dans un conflit qui, insiste-t-on, n'est pas le sien. Jérusalem craint notamment que l'affaire kurde nourrisse une solidarité avec des groupes palestiniens radicaux qui pourrait accroître les menaces terroristes."

Bese Hozat (co-présidente du KCK, branche du PKK), déclaration à Fırat Haber Ajansı, 8 janvier 2014 :

"Il y a des Etats parallèles en Turquie, qui se sont formés en dehors de l'Etat officiel. Par exemple, la confrérie de F. Gülen est un Etat parallèle. Le lobby israélien, et les lobbies nationalistes arménien et grec, sont des Etats parallèles. Les Etats parallèles ont de solides relations d'intérêts les uns avec les autres. Les Etats parallèles n'ont pas de lois formelles ou de constitutions. Ils n'ont pas d'armées officiellement, mais ils ont un pouvoir plus puissant et plus organisé que ce qui est dit officiellement. (...) L'Etat parallèle est un Etat du Gladio, c'est une organisation d'Etat illégale, composée de la confrérie et des lobbies, et soutenue par l'OTAN. L'objectif principal est d'empêcher la démocratisation de la Turquie."

"Öcalan : There is a high intensity war", Firat News Agency, 24 septembre 2014 :

"[Abdullah] Öcalan a déclaré que les attaques de l'EIIL [Daech] sont liées à Israël, ajoutant : "Le but est de créer un Israël sur ce territoire. Cf. les noms des lieux dans cette région. Par exemple, Suruç vient du nom hébreu Saruch, qui était un ancêtre d'Abraham et de Moïse, Harran vient du nom du frère de Moïse, Haroon. Tous ces noms sont dans la Torah. Il y a le GAP [Projet d'Anatolie du Sud-Est]. Lorsque le projet GAP a été lancé en 1978, j'étais à Urfa. Le projet a été conçu pour saisir la terre et l'eau du peuple. Personne ne peut s'opposer à la politique d'Israël. Ecevit le voulait, mais ils l'ont arrêté. L'EIIL est un projet israélien. L'AKP ne peut pas résister à cela. Ils l'ont menacé et le gouvernement a failli être renversé.""