mercredi 16 mai 2018

Mehmet VI Vahdettin (le dernier sultan ottoman) et les Juifs

"Turquie : La démission du grand rabbin", L'Univers israélite, 75e année, n° 34, 14 mai 1920, p. 186 :

"Sur une invitation qui lui a été faite, Haïm Nahoum effendi a eu une entrevue avec le ministre de l'Intérieur. Celui-ci a communiqué le désir exprimé par le Sultan au sujet de sa démission. Le ministre a ajouté, en son propre nom, qu'il y aurait moyen de régler le litige qui a entraîné sa démission. Mais le grand-rabbin, dit l'Aurore, ne verrait aucune possibilité de règlement et il serait décidé à partir aussitôt après que le Souverain aura approuvé sa démission et que le locum tenens aura été désigné.

A cet effet, il sera procédé, d'une façon ou d'une autre, au choix des membres devant compléter le Medjliss-Djismani.

D'après le Tiempo, le prince-héritier a fait exprimer au grand-rabbin, par l'entremise de son aide de camp, les regrets qu'il a ressentis en apprenant sa démission. L'aide de camp du prince-héritier a ajouté, au nom du prince, que dans les circonstances actuelles surtout, il serait utile pour le pays que Haïm Nahoum effendi conservât son poste et qu'il y aurait possibilité de trouver un modus vivendi dans la divergence qui a surgi entre le gouvernement et le grand-rabbinat au sujet des élections communales. Haïm-Nahoum effendi a fait au prince-héritier une visite de remerciements pour ce témoignage de sympathie."

"Nouvelles Diverses", La Tribune juive, 3e année, n° 129, 29 juin 1922, p. 8 :

"TURQUIE. — Le grand-rabbin de Turquie [Haim Moşe Becerano] a été reçu par le sultan, qui lui a conféré le Medjdjié du premier degré, et lui a exprimé sa sympathie pour les Juifs de Turquie, dont ses ancêtres appréciaient déjà la loyauté il y a 600 ans."

Les Juifs et le port du fez dans l'Empire ottoman



"POUR L'OTTOMANISME

Chapeau ou fez ?

M. S. Nahum, un des plus aimés collaborateurs de « La Epoca », écrit dans ce journal un bel article où il laisse voir son ardent ottomanisme.

Après une vibrante profession de foi antisioniste, M. Nahum invite les communautés et les centres de réunion israélites à publier un manifeste exposant leurs sentiments et faisant appel à tous les israélites de Turquie pour qu'ils se rangent sous la bannière de l'ottomanisme. De cette façon non seulement on aura réagi contre une tendance qui peut devenir néfaste au judaïsme ottoman, mais on aura prouvé aux autorités et à tous nos compatriotes quelles sont les opinions des israélites de Turquie sur le sionisme.

Puis, se tournant vers la jeunesse, M. Nahum leur dit que les plus petites causes produisent de grands effets. De simples manifestations extérieures pèsent lourdement parfois sur la balance du patriotisme.

« ... Donnons, dit M. Nahum, une nouvelle marque de sentiments ottomanistes en substituant au chapeau qui n'est pas notre coiffure la calotte qui passe pour être la coiffure nationale.

« Cela n'a l'air de rien, mais aux yeux de nos compatriotes ce petit changement acquiert déjà une importance qui n'est pas à dédaigner.

« N'oublions pas le temps encore récent où les turcs voyaient dans le port du chapeau le symbole d'une hostilité au pays. Continuer à porter cette coiffure ce n'est pas, pour des ottomans, faire preuve de loyalisme. Il ne faut pas que des ottomans portent ds signes extérieurs qui peuvent faire croire à une manifestation d'hostilité. La jeunesse ottomane doit renoncer au chapeau et adopter le fez... »

M. Nahum a certainement raison. La coiffure est le signe distinctif d'une nation. On n'a jamais vu en Occident un occidental coiffé d'un fez ou d'un turban. Les orientaux même qui vivent en Occident portent le chapeau. Alors pourquoi des ottomans ne porteraient-ils pas tous en Turquie, le fez, quand il y a même des occidentaux qui ne le portent pas avec dégoût ? M. Nahum a raison. Nous abondons dans son sens."

Source : La Jeune Turquie, 5 avril 1911.

dimanche 11 février 2018

L'opinion de Léon Blum sur Hitler et le IIIe Reich

Léon Blum, Le Populaire, 3 août 1932 :

"Von Papen ou von Schleicher, ne nous lassons pas de le répéter, incarnent la vieille Allemagne, l'Allemagne d'avant 1914, dont la Révolution victorieuse a, par un irréparable malheur, laissé subsister les fondations et les cadres, l'Allemagne impériale, féodale, patronale, piétiste, avec son sens massif de la discipline, son orgueil collectif, sa conception à la fois scientifique et religieuse de la civilisation. Hitler, au contraire..., ici les définitions sont plus difficiles, mais nous pouvons bien dire cependant qu'il symbolise un esprit de changement, de rénovation, de révolution. Dans le creuset du racisme hitlérien bouillonnent confusément, à côté de certaines traditions nationales de la vieille Allemagne, tous les instincts contradictoires, toutes les angoisses, toutes les misères, toutes les révoltes de l'Allemagne nouvelle. Qu'en sortirait-il le moment venu, dans quel moule viendrait se fixer le jet de métal en fusion ? Nul ne peut le dire exactement, mais c'est contre cette virtualité mystérieuse et formidable que les hommes de l'Allemagne impériale, appuyés sur la Reichswehr, opposent aujourd'hui leur barricade.

En ferai-je l'aveu ? Si je me plaçais sur le plan du « devenir », la victoire de von Schleicher me paraîtrait encore plus décevante, encore plus désolante que celle de Hitler. L'Allemagne impériale, avec ou sans empereur, c'est la résurrection des ombres, c'est le retour lamentable d'un passé qu'on croyait à jamais aboli. Nul spectacle ne jette l'esprit dans une si amère mélancolie : la plus terrible des guerres aura passé, la Révolution, le renouvellement de toutes les institutions politiques, le désastre monétaire, la crise de chômage... et toutes ces catastrophes successives n'auront fait qu'agiter la surface des choses ; les masses profondes, opaques, inertes, à peine ébranlées un instant, reprennent leur muet équilibre. Hélas, l'Allemagne n'est pas seule à nous offrir ce spectacle désespérant !..."

Léon Blum, Le Populaire, 17 mars 1933 :

"Voilà les thèmes qui demain, grâce aux « instruments de propagande » qu'a forgés M. de Kérillis, seront répandus dans la France. Je le prédis à M. de Kérillis, l'argent ne lui manquera pas pour cette campagne. Exploiter l'émotion universelle qu'excitent les événements d'Allemagne, non seulement pour que la France se refuse à réduire en rien ses armements, mais pour qu'elle surarme, organiser la concurrence entre la France surarmée et l'Allemagne réarmée, aviver de part et d'autre des frontières, à mesure que se poursuivra la course, les suspicions et les alarmes, tel est le noble programme que M. de Kérillis trace désormais à l'offensive réactionnaire et pour lequel l'appui de certaines industries lourdes ne lui fera assurément pas défaut.

Je pense que nos camarades ne seront pas surpris par cette attaque. Elle était prévue depuis l'installation de Hitler au pouvoir, et je m'étonne même que M. de Kérillis, entêté de son premier refrain, ait perdu ces quelques semaines. La contagion directe du racisme hitlérien ne m'a jamais paru bien redoutable : l'horreur qu'inspire un tel régime prévient contre toute velléité d'imitation. Mais il était à peu près inévitable que la victoire nazi provoquât en France cet état d'appréhension et de trouble qui constitue le milieu psychologique de choix pour la propagande nationaliste, et la propagande nationaliste est elle-même le véhicule normal des réactions politiques. Compter sur sa force pour détourner un danger qu'on pressent, s'imaginer qu'on détourne le danger en accroissant sa force, c'est un réflexe naturel que la propagande nationaliste trouve aisément moyen d'exciter. Il est absurde, mais il est naturel. L'instinct de conservation déclenche ainsi, en toute matière, des mouvements spontanés contraires à toute raison et qui, même, se retournent directement contre leur objet. C'est sur ces réflexes élémentaires que la propagande nationaliste cherche à prendre appui. (...)

Nous persisterons à démontrer à ce pays, en dépit de M. de Kérillis et de tous ses « instruments de propagande », que la course aux armements ne prévient pas la guerre mais la rend inéluctable, que plus l'emprise du racisme hitlérien devient alarmante, plus le non-réarmement de l'Allemagne devient la condition primordiale de la sécurité de la France, que le non-réarmement de l'Allemagne est pratiquement impossible en dehors d'un effort général de réduction des armements et de contrôle. C'est notre politique qui garantit la paix. C'est notre politique qui assure la sécurité de la France. Instruit par la longue expérience du passé comme par ses épreuves récentes, ce pays saura nous entendre."

 Léon Blum, Le Populaire, 18 février 1934 :

"Qu'on ne nous parle plus de l'indépendance de l'Autriche. C'est désormais l'affaire des gouvernements, non pas la nôtre, non pas celle du peuple des travailleurs, non pas celle du socialisme international. Nous nous refusons à opter entre le fascisme et le racisme, entre une Autriche sujette d'Hitler et l'Autriche de Dollfuss, vassale de Mussolini. En quelque main que reste finalement la proie, nous savons que l'indépendance de l'Autriche est de toutes façons perdue, et d'ailleurs nous ne comprenons pas ce qu'est l'indépendance sans la liberté. Il n'existait au monde qu'un seul moyen de préserver une Autriche indépendante, de la soustraire à la fois à l'annexion raciste et à la domination fasciste. Les grandes puissances et leurs gouvernements l'ont rejeté. A elles de se débattre maintenant avec les forces malfaisantes qu'elles ont déchaînées."

Léon Blum, Le Populaire, 10 mars 1934 :

"On peut peut-être encore grouper une unanimité internationale sur une convention qui compenserait le non-réarmement de l'Allemagne par le désarmement suffisamment rapide, suffisamment hardi des puissances ex-victorieuses, qui ferait reposer ainsi la sécurité sur le désarmement commun et le contrôle réciproque, qui ranimerait par là même l'enthousiasme pacifiste en train d'agoniser."

Léon Blum, Le Populaire, 16 mars 1934 :

"Le socialisme français ne renonce pas au désarmement.

Il maintient que, même dans les circonstances actuelles, une seule position reste concevable et acceptable pour la France. (...)

En d'autres termes, la France doit demeurer fidèle au principe qui paraissait rencontrer, il y a un an, une sorte de consentement universel : égalisation progressive par la réduction progressive des armements tendant au désarmement général ; recherche de la « sécurité » dans la généralité du désarmement, dans la réciprocité et l'efficacité du contrôle.

Nous sommes aujourd'hui bien loin de compte."

Léon Blum, intervention à la Chambre des députés, 2e séance du 15 mars 1935 :

"Oui, sous l'influence de quelques esprits ingénieux, hardis, brillants, attirés par l'exemple de la Reichswehr allemande, on commence dans les cercles de la haute armée, dans les journaux publiquement inféodés à l'état-major, comme l'Echo de Paris, tout le monde le sait, et dans l'opinion elle-même, à lancer cette idée de l'armée de métier, pour la constitution de laquelle on réserve très probablement ces engagements et rengagements pour lesquels on a montré jusqu'ici si peu de zèle, l'armée « de choc et de vitesse », comme dit, je crois, M. de Gaulle, toujours prête pour les expéditions offensives et pour les coups de main, l'armée motorisée et blindée qui, si nous l'adoptions, rouvrirait simplement, entre le blindage et le canon d'infanterie, un duel auquel nous avons assisté entre la cuirasse et le canon d'artillerie."

"Ah ! messieurs, il y a quelque chose qui m'a vingt fois brûlé les lèvres et que je vous dirai aujourd'hui, coûte que coûte. Oui !

Si vraiment vous êtes convaincus de la fatalité de la guerre, si vraiment vous êtes convaincus de la nécessité de la course aux armements, si vraiment vous êtes convaincus que le monde est pour toujours ou pour longtemps encore livré aux débats de la force, alors, vous, vous deviez pousser ce pays à la guerre pendant qu'il disposait encore d'un avantage. (...)

Nous, nous repoussons cette idée ; nous ne croyons pas à la nécessité de la course aux armements ; nous ne croyons pas à la fatalité des règlements de force. Nous continuons à penser, comme l'a dit Jaurès ici, il y a 22 ans, que la protection militaire réelle d'un pays n'est pas dans les lourds effectifs permanents, dans les lourds effectifs casernés, servant de base a des stratégies défensives, mais qu'elle est dans ce que les révolutionnaires ont appelé la levée en masse (...)."


Léon Blum, Le Populaire, 13 avril 1935 :

"Pour mettre les points sur les i, le rôle de la France est d'éviter que les pactes particuliers — qu'il s'agisse des pactes régionaux ou, à plus forte raison, des pactes à deux tels que celui qui vient d'être conclu en principe avec la Russie Soviétique — prennent le caractère des vieilles alliances armées, dont l'opinion anglaise redoute le retour et que d'ailleurs le Socialisme international a toujours condamnées. Les pactes particuliers devront se séparer des vieilles alliances armées par leur apparence et dans leur réalité ; ils devront en différer par l'intention qu'ils traduisent, par la matière qu'ils contiennent, par les résultats qu'ils déterminent. (...)

Si les Pactes particuliers n'avaient pour objet que d'additionner des baïonnettes, et de compliquer la concurrence des armements par l'émulation, il est trop clair que l'Europe serait retombée sous un régime analogue à celui des alliances d'avant guerre ; il est trop clair que de ce régime personne ne parviendrait plus à faire sortir un système collectif de sécurité pacifique. Toute la conduite passée du gouvernement soviétique prouve qu'il partage pleinement ce sentiment, mais il ne saurait, selon moi, en renouveler l'expression avec trop de force. Les puissances qui contractent entre elles des assurances provisoires de sécurité doivent donc, à l'abri de cette sécurité, reprendre sans retard l'œuvre interrompue du désarmement général.

Léon Blum, Le Populaire, 12 mars 1936 :

"Survient le coup de théâtre de l'occupation rhénane. Qui donc, sinon le Parti socialiste a donné l'exemple du sang-froid, de la fermeté calme, de la raison ? Qui donc s'est efforcé, dès la première minute, de maintenir l'événement — si grave fût-il — dans les cadres de la « paix organisée » ? 

Qui donc a manifesté aussitôt sa résolution de le faire servir à un progrès pacifique, d'orienter la crise européenne vers une organisation plus exacte et plus efficace de la paix ?...

Voilà comment s'est exercée l'action socialiste sur le Parlement et sur l'opinion populaire."

Philippe Barrès, "Images de Léon Blum", Le Figaro, 4 mars 1970 :

"A ma surprise, il était plus méfiant de Mussolini que d'Hitler, allant jusqu'à me confier :
« Je mettrais ma main dans la main d'Hitler, mais non pas dans celle de Mussolini. »
— « Pourquoi cette distinction ?
— « Mussolini sera toujours pour moi l'assassin de Matteoti. » "

Léon Blum, discours à Lyon, 24 janvier 1937, reproduit dans Le Populaire du 25 janvier :

"Je crois que notre Gouvernement a fourni une démonstration que l'opinion n'attendait peut-être pas de nous et qui restera à notre actif. Nous avons prouvé qu'un Gouvernement essentiellement pacifique, violemment pacifique — si je puis accoupler cet adverbe et cette épithète — n'était pas incapable de défendre les intérêts, la dignité et la sécurité de la France. Nous ne nous sommes pas bornés à prévenir ou à conjurer les dangers de guerre. Nous nous sommes efforcés, par tous les modes d'action possibles, d'amener l'Europe à un état de stabilité, d'ordre, de concorde, de solidarité, sur lequel pût se fonder solidement la Paix. (...)

Nous avons toujours des « conversations directes » avec l'Allemagne, par l'intermédiaire de son Ambassadeur et du nôtre, par le contact de nos Ministres quand ils ont la bonne fortune de se rencontrer. Au cours de ces conversations, nous ne considérons aucun sujet comme interdit. Nous avons toujours été et nous resterons prêts à l'effort le plus sincère et le plus libre, non seulement pour traiter les questions courantes que fait naître le contact quotidien de deux pays voisins, mais pour aborder en pleine franchise les problèmes plus généraux que pose la vie politique de deux grands Etats. (...) 

Nous sommes encore plus éloignés de concevoir l'idée, à la fois fausse et périlleuse, que l'aggravation des difficultés économiques de l'Allemagne pourrait un jour la contraindre à demander un secours et à subir des conditions. Enfin, nous nous gardons bien d'élever un soupçon sur la volonté de paix que le chancelier Hitler a proclamée dans des occasions solennelles. (...)

L'excès même des armements, j'en ai l'intime conviction, obligera l'Europe à « reconsidérer » la question du désarmement. Une convention sur la limitation et la réduction progressive des armements doit nécessairement faire partie intégrante d'un règlement général des problèmes européens. Mais les fabrications de guerre occupent aujourd'hui une telle place dans la production des nations industrielles qu'il serait probablement impossible d'en décréter l'arrêt pur et simple sans s'exposer au danger de graves crises intérieures. Peut-être n'est-il plus possible d'envisager une convention politique internationale de désarmement qui n'ait pour complément ou pour corollaire une convention économique internationale aménageant des débouchés de remplacement pour les entreprises et pour la main-d'œuvre. Ainsi se poseraient tout naturellement les questions d'équipement et de grands travaux européens, coloniaux, internationaux, c'est-à-dire de coopération matérielle et technique, les questions de crédit, c'est-à-dire de coopération financière. Je rejoins ici certaines inspirations du plan qu'avait dressé, au début de la crise, le Bureau International du Travail, en accord avec les organisations syndicales, et je reviens aussi aux idées que, mes amis et moi, nous avions suggérées, au lendemain de la guerre, pour la solution du problème des Réparations. (...)

Si, comme nous le souhaitons et l'espérons, l'Allemagne manifeste elle aussi sa volonté de coopérer, nous sommes prêts à travailler avec elle comme avec toutes les autres nations sans aucune arrière-pensée, sans aucune réticence."

Léon Blum, Le Populaire, 1er octobre 1938 :

"Il n'y a pas une femme et pas un homme en France pour refuser à Neville Chamberlain et à Edouard Daladier leur part de tribut, de gratitude. La guerre est écartée, le fléau s'éloigne. La vie est redevenue naturelle. On peut reprendre son travail et retrouver son sommeil. On peut jouir de la beauté d'un soleil d'automne."

Léon Blum, interrogatoire du procès de Riom, audience du 11 mars 1942 :

"Le représentant du chancelier Hitler était le docteur Schacht. Il est venu me voir à Matignon, pour une conversation directe, passant par-dessus tous les interlocuteurs officiels, au nom du chef du Reich. J'aurais peut-être pu dire, si j'avais été l'homme qu'on dépeint : « Je suis marxiste, je suis juif, je n'entre pas en conversation avec un Etat où l'on a extirpé toutes les organisations socialistes, où l'on persécute les juifs ». Si j'avais dit cela, j'aurais trahi les devoirs de ma charge. Mais je lui ai dit : « Je suis marxiste, je suis juif, et c'est pour cela que j'ai le désir le plus vif encore de voir aboutir la conversation qui s'engage maintenant entre nous. » Il m'a répondu : « Monsieur, cela ne vous fait que plus d'honneur. » "

mardi 23 janvier 2018

Pierre Drieu La Rochelle : un écrivain issu de la gauche antiraciste et antifasciste

Philippe Burrin, La dérive fasciste : Doriot, Déat, Bergery, 1933-1945, Paris, Le Seuil, 2003, p. 102 :

"Compagnon de route des jeunes radicaux vers la fin des années 20, Drieu avait dit son identité d'Européen et voulu voir dans la Suisse « une sorte de préfiguration de l'avenir de l'Europe ». En 1933, il suivit brièvement Bergery dans l'entreprise de Front commun et fut l'année suivante le collaborateur le plus régulier de Jouvenel à la Lutte des Jeunes."

Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, 2008, p. 248-249 :

"Drieu après la Grande Guerre est résolument philosémite : « Je te vois tirant et mourant derrière le tas de briques ; jeune Juif, comme tu donnes bien ton sang à notre patrie. » « En 1930, Drieu n'aurait pas souffert que je l'accuse d'antisémitisme », dira bien plus tard Emmanuel Berl, qui fut son ami. Il se moque en 1931 des théories racistes : « D'abord vous n'êtes pas des Germains, assez de ces blagues. Pas plus que nous sommes Gaulois ou Latins, ou que les Italiens ne sont Romains. Figures esquissées par la poésie, épaissies en forme de monstres politiques par des petits bourgeois nostalgiques au fond des bibliothèques du XIX e siècle. Dieux tôt fatigués. Vous êtes un groupe d'hommes au milieu de l'Europe qui, péniblement, avez formé un Etat et une nation. » Son antifascisme initial et son amitié pour Bergery le conduisent à Front commun, en 1933. Bernard Lecache le salue parmi les personnalités qui, aux côtés de la LICA, mènent le combat contre l'antisémitisme et le fascisme.

L'image du soldat juif n'a cessé de le hanter. Elle reparaît dans La Comédie de Charleroi, en 1934 : « Joseph Jacob. C'était un Juif. Un Juif comme on dit. Qu'est-ce qu'un Juif ? Nul ne le sait. Enfin on en parle. [...] Il en prit dans le ventre. Il dégringola du talus. Le capitaine Etienne vint à quatre pattes, comme si le talus n'était pas assez haut, près de Jacob. [...] Depuis un moment, le capitaine Etienne regardait Jacob. C'était effrayant ce que Jacob était français, il voulait se faire tuer pour la France. Ils s'en sont donné du mal pour les Patries dans cette guerre-là, les Juifs. » Drieu amorce sa dérive au moment même où il publie ces lignes, début 1934. Un voyage à Berlin lui permet de rencontrer la jeunesse nazie. Il en garde une impression double, encore sceptique mais déjà fascinée. Il subit l'influence d'Otto Abetz, l'infatigable animateur des rencontres franco-allemandes, qui s'est rallié au nouveau régime. Le Droit de vivre réagit, l'accusant, lui qui avait « adhéré à Front commun, organisation antifasciste », de s'être prononcé « pour le racisme » pendant son séjour en Allemagne ? Drieu proteste, et la LICA fait état de son démenti : « M. Drieu la Rochelle s'est ému d'un écho qui le mettait en cause à propos du séjour qu'il a fait à Berlin récemment. L'auteur de la Comédie de Charleroi nous fait savoir qu'il ne s'est pas du tout déclaré partisan du racisme, comme certains journaux allemands nous en avaient informés. » "

dimanche 14 janvier 2018

François Darlan, un homme de gauche

Simon Epstein, Les dreyfusards sous l'Occupation, Paris, Albin Michel, 2001 :

"La victoire du Front populaire, en juin 1936, le ramène à Paris [Darlan]. Le nouveau ministre de la Marine, Gasnier-Duparc, est un vieil ami qui le nomme, une fois de plus, directeur de cabinet. La rébellion d'Espagne, en juillet, lui donne l'occasion de se faire connaître et apprécier de Léon Blum. Il est en effet favorable aux républicains, et hostile aux nationalistes insurgés. Raisonnant en marin, il craint qu'une Espagne gagnée au fascisme ne compromette les liaisons entre Marseille et l'Afrique du Nord, ou entre Bordeaux et l'Afrique noire. Blum l'envoie à Londres pour tenter, en vain, d'y faire admettre ce point de vue. Cet épisode espagnol sera à l'origine de l'estime réciproque qui caractérisera désormais les relations entre Blum et Darlan. Il aura pour effet immédiat d'avantager Darlan dans la course au poste de chef d'état-major général de la Marine, poste qui est sur le point de se libérer et vers lequel, aidé de ses fidèles, il souque ferme et sans relâche. Il n'est pas le seul candidat mais sa valeur propre, l'intervention de ses amis bien placés, dont certains francs-maçons, ses attaches républicaines et ses positions sur l'Espagne font pencher la balance en sa faveur : c'est lui qui est choisi par le gouvernement Blum, en octobre 1936. Qu'il doive sa promotion au Front populaire lui vaudra d'être parfois qualifié d'« amiral rouge », ce dont-il n'aura cure, bien qu'« amiral républicain » eût certainement été plus approprié. La « confiante cordialité » qui l'unit à Léon Blum durera jusqu'en 1940." (p. 165)

"Au plan intérieur, Darlan ne renie pas ses origines : « Je suis un homme de gauche », déclare-t-il à ses préfets1. Il dirige une équipe où cohabitent intellectuels, marins et technocrates. Ces derniers se piquent de moderniser, à leur manière, les structures administratives et économiques du pays, mais le pillage systématique de la France par l'Allemagne, par le jeu des indemnités d'occupation, interdit toute réforme réelle : ils ne font, en dernière analyse, que gérer la pénurie et rationaliser l'asservissement. (...)

1. Joseph Barthélemy, Ministre de la justice. Vichy 1941-1943. Mémoires, Paris, Pygmalion-Gérard Watelet, 1989, p. 82." (p. 169)

samedi 13 janvier 2018

L'antisémitisme d'Emile Zola

Emile Zola, L'Argent, Paris, G. Charpentier, 1891 :

"Il pénétra dans l'angle de droite, sous les arbres qui font face à la rue de la Banque, et tout de suite il tomba sur la petite bourse des valeurs déclassées : les « Pieds humides », comme on appelle avec un ironique mépris ces joueurs de la brocante, qui cotent en plein vent, dans la boue des jours pluvieux, les titres des compagnies mortes. Il y avait là, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d'oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres, ainsi que sur une proie, s'acharnant au milieu de cris gutturaux, et comme près de se dévorer entre eux. Il passait, lorsqu'il aperçut un peu à l'écart un gros homme, en train de regarder au soleil un rubis, qu'il levait en l'air, délicatement, entre ses doigts énormes et sales." (p. 15)

"Un instant, Saccard, avant de quitter la salle, se haussa, comme pour mieux embrasser la foule autour de lui, d'un coup d'œil. Il était réellement grandi, soulevé d'un tel triomphe, que toute sa petite personne se gonflait, s'allongeait, devenait énorme. Celui qu'il semblait ainsi chercher, par-dessus les têtes, c'était Gundermann absent, Gundermann qu'il aurait voulu voir abattu, grimaçant, demandant grâce ; et il tenait au moins à ce que toutes les créatures inconnues du juif, toute la sale juiverie qui se trouvait là, hargneuse, le vît lui-même, transfiguré, dans la gloire de son succès." (p. 345)

mercredi 20 décembre 2017

La turcophobie de Richard Walther Darré (théoricien nazi du Blut und Boden)

Walther Darré, La Race. Nouvelle noblesse du sang et du sol, Paris, Fernand Sorlot, 1939, p. 70 :

"Le bolchevisme, dans le fond de sa doctrine, n'est autre que le marxisme adapté aux idées tartares, autrement dit une forme moderne du nomadisme. Il ne diffère en rien, bien qu'il emploie des moyens différents pour arriver à son but, de l'éternelle attaque des nomades, Huns, Hongrois, Tartares, Turcs, etc., etc., contre l'Europe germanique."

dimanche 12 novembre 2017

Recep Peker et l'antisémitisme national-socialiste

Avram Galante, Türkler ve Yahudiler eserlerime ek, Istanbul, Fakülteler Matbaası, 1954, p. 39-40 :

"N. — Le 28 mars 1947, le premier ministre Redjeb Peker prononça un discours dans le nouveau salon de conférences de l'Université d'Istanbul et choisit pour thème: "Le nationalisme". Après avoir parlé des éléments qui portent le nom de "minorités", il aborda la question de l'antisémitisme. Après avoir dit que les patriotes appartenant à d'autres religions et à d'autres races sont considérés comme des pièces inséparables du fonds national, il ajouta qu'il est inutile d'aborder la question juive. Mais, après la ruine du royaume juif et surtout à la suite du fanatisme chrétien, cette question (l'antisémitisme) se développa par les mouvements naziste et fasciste. Nous devons croire que pour une société à un haut esprit humanitaire, cette fausse conception primitive est nuisible et que le noble nationalisme en sait tirer son profit. L'histoire humaine enregistre comme une honte l'antisémitisme au XXème siècle.
(29/3/1947)"

Wilhelm Salomon-Calvi : un géologue juif allemand, réfugié en Turquie kémaliste



"Les tremblements de terre d'Erzincan du 21 novembre et du 27 décembre 1939.

Si l'on se réfère à l'examen des cartes géographiques, l'Anatolie apparaît comme une masse homogène rectangulaire qui, projetée hors du corps de l'Asie, s'élance comme un pont vers l'Europe. Toutefois, l'examen géologique montre qu'en réalité cette péninsule est constituée par une mosaïque de fragments très hétérogènes qui, soudés les uns aux autres, lui donnèrent par la suite son unité apparente.

Une ligne tectonique de première importance, partant de la région de Mûrefte en Thrace, se dirige approximativement en direction ouest-est, à travers la mer de Marmara vers le golfe d'Izmit, pour se poursuivre de là vers Sapanca, Adapazar, Düzce, Bolu, Gerede. Plus au nord, nous trouvons une zone (Zonguldak) qui, anciennement, faisait partie du continent antique septentrional connu sous le nom de « Palaearctis ». Vers le sud, ce sont d'anciens « Zwischenlaender » (régions intermédiaires), tels par exemple le massif « galato-lycaonien » d'Ankara-Konya, le massif du Kizil Irmal, le haut-plateau de l'Ararat-Agri, et d'autres volcans géants de l'est. Au sud de ces régions intermédiaires se dressent les chaînes du Taurus et les parties plus septentrionales de l'ancien continent du « Gondwana » (Syrie, Arabie, Afrique).

Ces terrains, séparés à l'origine le long de la ligne d'Izmit (paphiagonische Narbe de Nowack, ligne du Tonale de Salomon-Calvi), sont aujourd'hui réunis et soudés, mais les mouvements qui opérèrent leur jonction se poursuivent encore, et chaque nouveau déplacement provoque des ébranlements sismiques, en sorte que les régions échelonnées le long de cette ligne constituent probablement la zone la plus dangereuse de la Turquie.

Izmit a été détruit ou fortement endommagé : le 2 janvier 69, le 24 août 358, le 2 décembre 362, le 16 août 555, le 25 mai 1719, le 15 avril 1878, et Adapazar le 10 juillet 1894. Et cette liste n'est certainement pas complète.

La mer Egée, le Karadeniz et l'Akdeniz sont de jeunes effondrements. Leurs bords sont en grande partie des failles (çöküntü). Seul, le Cukur Ova fait exception. De la mer Egée, de profondes dépressions pénètrent en terre ferme ; ce sont les fossés du Gediz, des deux Manderes et de l'Izmir Körfezi. De la mer de Marmara, se détache le golfe de Gemlik avec une prolongation formée par le lac d'Iznik, l'ancien golfe de Manyas-Apuliyond-Bursa-Inegöl, actuellement comblés par les alluvions des rivières. Ces deux dépressions sont aussi des fossés ; de même en est-il à l'est pour Tokat, Susehri, Erzincan et Erzerum. La région de Van semble, elle aussi, être un fossé, mais ici, le volcan Nemrut est encore entré en activité en 1441, et des éruptions ultérieures sont encore possibles. Les tremblements de terre dans ces régions comme par exemple ceux de l'Agri (Ararat), peuvent être d'origine volcanique, bien que l'Agri soit actuellement éteint. Les « ovas » (plaines alluvionnaires), enfoncés dans les hauts-plateaux de l'Anatolie centrale, sont pour la plupart des failles d'effondrements. Leurs bords sont des failles ou des flexures. Dans d'autres régions, il en existe qui ne sont pas visibles morphologiquement, mais qui contribuent aussi aux mouvements de l'écorce terrestre.

Lors du tremblement de terre de Kirsehir, près d'Akpinar, une faille devint visible sur 14-15 kilomètres ; les terres le long de cette faille se déplaçaient dans le sens horizontal. Fort heureusement, la plupart de ces failles et fossés sont à l'état de repos. C'est ainsi que le fossé d'Ankara semble être stabilisé, en sorte que l'on peut espérer que la capitale échappera au danger sismique. Mais, là où les failles, les fossés et les bassins d'effondrement sont encore actifs, il se produit peu à peu, en bordure, des tensions, lesquelles augmentent jusqu'au moment où elles rompent la cohésion de l'écorce terrestre ; alors les deux « lèvres » se disjoignent, provoquant ainsi l'ébranlement dû sol. Les déplacements produits peuvent être verticaux, horizontaux ou obliques. Si, dans quelques failles ou fossés, les tensions sont déjà fortes sans toutefois être suffisantes pour occasionner une secousse sismique, un autre ébranlement plus sévère pourra fournir l'énergie nécessaire au déclenchement du phénomène. Ces ébranlements secondaires sont désignés par les termes « tremblements de relais ». De très fortes secousses peuvent alors déclencher un grand nombre dé ces secousses secondaires. Ce fut le cas du grand tremblement de terre d'Erzincan du 27 décembre 1939.

Le M. T. A. possède heureusement une carte géologique d'Erzincan à l'échelle de 1:100.000, relevée par M. le Dr Stchepinsky, et une autre de Tokat relevée par M. le Dr Lahn. On constate, sur la carte de M. Stchepinsky, qu'Erzincan est située dans un fossé dirigé WNW-ESE sur une longueur d'environ 50 km. Ce géologue a constaté en outre la présence d'une autre faille de même orientation et de même longueur, située à 35 km. au NE de la précédente. Cette deuxième faille se termine dans le fossé de Tercan. Or, les rapports relatifs aux dégâts provoqués par les deux séismes montrent que le premier (21 novembre) fut produit par des mouvements localisés le long de cette faille ; quant au second, il fut provoqué par des mouvements du fossé d'Erzincan. Un trait caractéristique réside dans le fait que les deux casernes d'Erzincan — à peu près les deux seuls édifices restés intacts — sont situées sur les pentes des montagnes, en dehors du fossé. Celui-ci, selon les indications données dans les journaux, fut évidemment l'épicentre. De la région épicentrale, les secousses se sont propagées fort loin et ont déclenché des tremblements de relais à Tokat, Susehri, Giresun, et divers autres endroits. Il est évident que les renseignements donnés par les journaux devront être contrôlés et complétés par les recherches ultérieures des géologues.

Il est possible que le faible tremblement de terre de novembre ait déclenché le violent séisme du mois de décembre, par une augmentation des tensions déjà existantes dans le fossé. D'après les observations du Dr Lahn, Tokat se trouve également situe dans un fossé, et selon les indications données par M. l'Ingénieur des Mines Server, la région de Giresun est sillonnée de failles. Ainsi, les secousses d'Erzincan ont « activé » ces dernières, notamment les failles et les fossés de Tokat et de Susehri. Si les tensions d'une faille sont encore très faibles, cette dernière ne bouge pas, comme ce fut le cas, cette fois, pour les failles du fossé d'Erzincan, lequel eut autrefois ses propres ébranlements ; mais ce serait une erreur de supposer que ce fossé restera toujours stabilisé.

Les quelques considérations précédentes expliquent la grande extension des dégâts causés par cette terrible catastrophe d'Erzincan. Non seulement l'intensité des secousses, mais encore la structure géologique des régions limitrophes de cette localité furent cause de l'importance des dommages provoqués en de nombreuses villes ou villages. A Ankara, qui se trouve à une distance de 580 kilomètres d'Erzincan, beaucoup de personnes ont été réveillées par la secousse. Par bonheur, les failles du fossé d'Ankara restèrent tranquilles.

Or, la question importante pour l'Etat turc est de savoir comment il serait possible, à l'avenir, de diminuer les pertes de vies humaines et les dommages matériels, car on ne saurait supposer que les ébranlements cesseront. Ils se produiront encore pendant des milliers d'années.

Les notices historiques recueillies par Abich dans son ouvrage sur l'Anatolie orientale signalent des tremblements de terre qui ont détruit ou gravement endommagé Erzincan depuis l'année 1.000, notamment en : 1045, 1166, 1168, 1254, 1268, 1281, 1287, 1290, 1356, 1374, 1458, 1482, 1578, 1584, 1784. Cette liste terrible est certainement fort incomplète. On n'a tenu compte que des secousses les plus violentes, et pour de longues périodes, les notes manquent complètement. Cependant, le résultat est clair. Erzincan a été détruit au moins seize fois au cours des dernières 1.000 années. On pourrait recueillir de semblables résultats pour Izmit, Izmir, et encore pour beaucoup d'autres villes turques.

L'étude des dégâts du tremblement de terre de Kirsehir en 1938 et de Bergama-Dikili en 1939 m'a enseigné trois choses :

1) qu'une grande partie des dégâts matériels est une conséquence de la construction défectueuse des édifices et que les perles de vies humaines dépendent, pour la plupart, de la façon dont sont construites les toitures ;

2) qu'une autre cause des dégâts provient de la qualité du sous-sol.

3) On a bâti beaucoup de villages et de villes en des endroits géologiquement dangereux, alors qu'il eût été possible de choisir des emplacements plus favorables à peu de distance de là.

C'est pour cette raison que les autorités compétentes ont décidé de prendre les mesures qui pourraient dans la mesure du possible diminuer, à l'avenir, les dégâts.

Wilhelm Salomon-Calvi."

Source : Revue pour l'Etude des Calamités (Bulletin de l'Union internationale de secours), tome III, 1940, p. 178-180.

vendredi 13 octobre 2017

L'engagement de certains Juifs d'Izmir dans l'armée de Benito Mussolini

Henri Nahum, Juifs de Smyrne, XIXe-XXe siècle, Paris, Aubier, 1997, p. 148 :

"(...) en 1941, un groupe de jeunes Juifs de Smyrne, de nationalité italienne, s'engageront comme volontaires dans l'armée italienne, combattront en Libye aux côtés des troupes de Rommel ; certains d'entre eux seront tués, d'autres seront faits prisonniers par les Anglais."